Dans cet article
- Panhard est l’une des plus anciennes marques automobiles au monde, fondée en 1891 à Paris
- Les modèles les plus recherchés (Dyna Z, PL 17, 24 CT) se négocient entre 5 000 et 35 000 € selon l’état
- La marque a cessé la production automobile en 1967 après son rachat par Citroën
- Le moteur bicylindre à plat refroidi par air reste une signature technique unique dans l’histoire automobile française
- Un réseau actif de clubs et spécialistes garantit encore aujourd’hui l’approvisionnement en pièces détachées
- La cote des Panhard connaît une hausse régulière de 5 à 8 % par an depuis 2020
Sommaire
- Histoire de Panhard : une marque pionnière de l’automobile
- Les modèles de voitures Panhard anciens incontournables
- Prix d’une Panhard ancienne : la cote actuelle du marché
- Pourquoi Panhard a disparu : les raisons d’un déclin
- Acheter une Panhard ancienne : mes conseils de restaurateur
- Entretien et restauration d’une Panhard : ce qu’il faut savoir
- Panhard : un investissement de collection pertinent
Quand on me demande quelle voiture ancienne Panhard je recommanderais à un collectionneur débutant, je prends toujours le temps de raconter l’histoire extraordinaire de cette marque. En 25 ans de restauration dans mon atelier près de Lyon, j’ai eu entre les mains des dizaines de Panhard, et chacune m’a rappelé pourquoi ces voitures occupent une place si particulière dans le patrimoine automobile français. Légères, ingénieuses, dotées d’une mécanique atypique, les Panhard fascinent autant les puristes que les néophytes. Je vous propose un tour d’horizon complet pour tout comprendre de ces véhicules d’exception.
Histoire de Panhard : une marque pionnière de l’automobile
Quelle est la marque de la voiture Panhard ? La question mérite d’être posée, car peu de gens savent que Panhard et Levassor est officiellement la plus ancienne marque automobile au monde en termes de production en série. Fondée en 1891 par René Panhard et Émile Levassor à Paris, l’entreprise a littéralement inventé l’architecture automobile moderne avec le moteur à l’avant et la transmission aux roues arrière.
L’origine de la voiture Panhard remonte aux ateliers de la rue Ivry dans le 13e arrondissement de Paris. Dès 1891, Panhard et Levassor produisent des véhicules équipés de moteurs Daimler sous licence. En 1895, Émile Levassor participe à la course Paris-Bordeaux-Paris, parcourant 1 178 km en 48 heures, un exploit qui propulse la marque sur la scène internationale. Selon l’article Wikipédia consacré à Panhard, cette course constitue l’un des événements fondateurs du sport automobile mondial.
Au fil des décennies, Panhard s’est forgé une réputation d’innovateur technique. Dans les années 1930, la marque développe la construction en aluminium et les carrosseries aérodynamiques. Après la Seconde Guerre mondiale, sous la direction de Jean Panhard, l’entreprise prend un virage audacieux vers la voiture populaire avec la Dyna X, lancée en 1948. Cette approche, mêlant légèreté et motorisation économique, deviendra la signature de la marque jusqu’à sa disparition.

Les modèles de voitures Panhard anciens incontournables
Dans mon atelier, certains modèles reviennent plus souvent que d’autres. Voici les Panhard que je considère comme les plus emblématiques et les plus intéressantes pour la collection.
Panhard Dyna X (1948-1954)
C’est la voiture qui a relancé Panhard après la guerre. Dotée d’une carrosserie en aluminium et d’un petit bicylindre de 610 cm³ puis 750 cm³, la Dyna X incarne la philosophie du « faire plus avec moins ». Sa légèreté remarquable (environ 650 kg) lui confère des performances surprenantes pour l’époque. Ce modèle de voiture Panhard 1950 reste très recherché par les collectionneurs avertis, même si les exemplaires en bon état se font rares.
Panhard Dyna Z (1954-1959)
La Dyna Z marque l’entrée de Panhard dans la modernité. Dessinée par Louis Bionier, elle arbore une ligne aérodynamique remarquable avec un Cx de 0,26, exceptionnel pour l’époque. Son bicylindre à plat de 851 cm³ développe entre 42 et 50 ch selon les versions. J’ai restauré une Dyna Z Luxe l’année dernière : sous sa robe élégante, la simplicité mécanique est un régal pour le restaurateur.
Panhard PL 17 (1959-1965)
La PL 17 (pour « Panhard Légère 17 CV fiscaux ») est probablement le modèle le plus répandu et le plus accessible aujourd’hui. Produite à plus de 130 000 exemplaires, elle offre un bon compromis entre disponibilité des pièces et plaisir de conduite. La voiture Panhard 1960 par excellence. Son moteur bicylindre de 848 cm³ atteint 50 ch dans sa version Tigre, de quoi emmener ses 800 kg à plus de 140 km/h.
Panhard 24 CT et 24 BT (1963-1967)
Le chant du cygne de Panhard, et quel chant ! La 24 CT est considérée comme l’une des plus belles voitures françaises des années 1960. Son design signé Louis Bionier, avec sa lunette arrière panoramique caractéristique, n’a pas pris une ride. La version CT (coupé tourisme) développe 60 ch grâce à son bicylindre poussé, tandis que la BT (berline tourisme) propose quatre vraies places. C’est le modèle que je recommande le plus souvent : il combine esthétique, performances et une mécanique fiable quand elle est bien entretenue.
Panhard CD (1962-1965)
Moins connue du grand public, la CD (pour Charles Deutsch) est un petit coupé de compétition homologué pour la route. Avec sa carrosserie en polyester sur châssis tubulaire et son Cx de 0,22, elle représente l’aboutissement de la philosophie Panhard. Produite à seulement 163 exemplaires, c’est aujourd’hui une pièce de collection rare et prisée.
Comme pour d’autres marques européennes d’après-guerre, telles que les Volkswagen anciennes ou les Renault des années 1950, les Panhard témoignent d’une époque où l’ingéniosité primait sur la puissance brute.
Prix d’une Panhard ancienne : la cote actuelle du marché
Quel est le prix d’une Panhard ? La réponse varie considérablement selon le modèle, l’état et l’historique du véhicule. Le marché de la voiture Panhard prix reste globalement accessible comparé à d’autres marques de collection françaises, ce qui en fait une excellente porte d’entrée.
| Modèle | Années | Prix projet (à restaurer) | Prix bon état | Prix concours |
|---|---|---|---|---|
| Dyna X | 1948-1954 | 3 000 à 6 000 € | 12 000 à 18 000 € | 22 000 à 30 000 € |
| Dyna Z | 1954-1959 | 3 500 à 7 000 € | 14 000 à 22 000 € | 25 000 à 35 000 € |
| PL 17 | 1959-1965 | 2 000 à 5 000 € | 8 000 à 15 000 € | 18 000 à 25 000 € |
| 24 CT | 1963-1967 | 5 000 à 10 000 € | 15 000 à 25 000 € | 28 000 à 40 000 € |
| 24 BT | 1963-1967 | 4 000 à 8 000 € | 12 000 à 20 000 € | 22 000 à 32 000 € |
| CD | 1962-1965 | 15 000 à 25 000 € | 35 000 à 55 000 € | 60 000 à 90 000 € |
Ces prix reflètent le marché observé en 2025-2026. La tendance est clairement haussière, portée par un regain d’intérêt pour les marques françaises disparues. Pour situer ces tarifs dans le contexte global, je vous invite à consulter mon article sur le prix des voitures de collection qui détaille les mécanismes du marché.
La voiture Panhard 1970 n’existe pas à proprement parler puisque la production a cessé en 1967, mais les dernières 24 CT produites fin 1967 se retrouvent parfois immatriculées en 1968. Ces exemplaires tardifs sont particulièrement recherchés car ils bénéficient des dernières améliorations apportées par l’usine.

Pourquoi Panhard a disparu : les raisons d’un déclin
Pourquoi Panhard a disparu ? C’est une question que mes clients me posent régulièrement, et la réponse est malheureusement un enchaînement de facteurs qui ont conduit à l’arrêt de la production en janvier 1967.
Le premier facteur est économique. Dans les années 1950, Panhard ne dispose pas des moyens financiers nécessaires pour développer de nouveaux modèles au rythme imposé par le marché. La marque investit massivement dans sa gamme civile tout en maintenant une activité militaire (véhicules blindés), ce qui disperse ses ressources.
En 1955, Citroën prend une participation de 25 % dans Panhard, puis monte progressivement au capital jusqu’à détenir la totalité des actions en 1965. L’objectif initial de Citroën était de compléter sa gamme par le bas avec les petites Panhard, mais la stratégie évolue. Avec le lancement de l’Ami 6 en 1961, Citroën couvre désormais le créneau des petites voitures populaires et n’a plus besoin de Panhard.
Le coup de grâce vient de la concurrence féroce des Renault 8 et Peugeot 204, des voitures modernes à moteur à quatre cylindres et refroidissement liquide. Le fidèle bicylindre Panhard, malgré ses qualités, apparaît comme une solution technique dépassée aux yeux du grand public. La dernière Panhard 24 sort de l’usine de la porte d’Ivry le 20 juillet 1967.
Il est important de noter que Panhard n’a pas totalement disparu. La branche militaire a survécu et continue de produire des véhicules blindés sous le nom Panhard Defense, aujourd’hui intégrée au groupe Arquus. Selon le ministère des Armées, les véhicules issus de cette lignée équipent encore plusieurs armées dans le monde.
Acheter une Panhard ancienne : mes conseils de restaurateur
Après 25 ans à restaurer ces voitures, j’ai vu passer des merveilles et des catastrophes. Voici les points essentiels que je vérifie systématiquement quand un client me demande d’expertiser une Panhard avant achat.
La carrosserie : priorité absolue
Les Panhard d’après-guerre utilisent des matériaux variés selon les modèles : aluminium pour les Dyna X et certaines Dyna Z, acier pour les PL 17 et 24. L’aluminium ne rouille pas mais se corrode, et les réparations demandent un savoir-faire spécifique. L’acier, lui, rouille classiquement, surtout au niveau des bas de caisse, des passages de roue et des planchers. Vérifiez ces zones avec un aimant et un poinçon.
Le moteur bicylindre
Le fameux flat-twin Panhard est un moteur robuste mais exigeant. Refroidi par air, il supporte mal la surchauffe. Vérifiez l’état des turbines de refroidissement et des conduits d’air. Un moteur qui claque à froid est normal, un moteur qui fume bleu à chaud est un signe d’usure des segments ou des guides de soupapes. La bonne nouvelle : ces moteurs se reconstruisent facilement et les pièces principales restent disponibles.
La boîte de vitesses
La boîte à quatre rapports est généralement fiable, mais les synchroniseurs de deuxième s’usent avec le temps. Passez toutes les vitesses à froid et à chaud lors de l’essai. Un craquement en seconde n’est pas rédhibitoire mais annonce une révision à prévoir.
Pour trouver votre future Panhard, les petites annonces spécialisées et Le Bon Coin restent des sources incontournables. Je recommande également de rejoindre un club de voitures anciennes spécialisé Panhard : le réseau de passionnés est souvent le meilleur canal pour dénicher les bonnes affaires.
Entretien et restauration d’une Panhard : ce qu’il faut savoir
L’entretien courant d’une Panhard est paradoxalement plus simple que celui de beaucoup de voitures anciennes. Le moteur bicylindre comporte peu de pièces, pas de circuit de refroidissement liquide (donc pas de joints de culasse à surveiller au sens classique), et la mécanique est accessible.
Les points d’entretien régulier
Je recommande une vidange tous les 3 000 km avec une huile minérale 20W50, un réglage du jeu aux soupapes tous les 5 000 km, et une vérification du serrage des culasses tous les 10 000 km (le moteur en aluminium travaille avec la chaleur). Les freins à tambour nécessitent un contrôle et un réglage régulier, surtout si la voiture roule peu.
Les pièces détachées
Contrairement à ce que l’on pourrait craindre, les pièces pour Panhard restent relativement disponibles. Plusieurs fournisseurs spécialisés en France proposent des pièces neuves de refabrication et des pièces d’occasion reconditionnées. Le Dyna Panhard Club de France, fondé en 1964 et affilié à la Fédération Française des Véhicules d’Époque (FFVE), maintient un stock de pièces et un réseau de spécialistes.

Les coûts de restauration
Une restauration complète d’une Panhard PL 17 coûte entre 15 000 et 30 000 € dans un garage spécialisé en restauration. Pour une 24 CT, comptez plutôt entre 20 000 et 40 000 € en raison de la carrosserie plus complexe et des chromes plus nombreux. Ces montants incluent la carrosserie, la peinture, la sellerie et la mécanique complète. Pour le transport de votre future acquisition, prévoyez un budget supplémentaire de 300 à 800 € selon la distance.
Panhard : un investissement de collection pertinent
Est-ce le bon moment pour investir dans une Panhard ? En tant que professionnel de la restauration, je constate que les Panhard suivent la même trajectoire que les BMW anciennes il y a une dizaine d’années : une cote encore accessible mais en progression constante.
Plusieurs facteurs soutiennent cette tendance. D’abord, la production limitée : contrairement à Renault ou Citroën, Panhard n’a jamais produit de voitures en très grande série, ce qui limite mécaniquement l’offre. Ensuite, la qualité de fabrication et l’originalité technique attirent une clientèle de connaisseurs, souvent des ingénieurs ou des passionnés de mécanique. Enfin, le passage en carte grise collection offre des avantages fiscaux et pratiques non négligeables.
Les modèles les plus prometteurs en termes de plus-value sont la 24 CT en version Tigre, la Dyna Z cabriolet (très rare) et bien sûr la CD. Mais même une PL 17 en bel état constitue un placement raisonnable, car c’est souvent la première Panhard que découvrent les nouveaux collectionneurs. Pour les amateurs de compétition, certaines Panhard ont brillé en rallye et en endurance ; je pense notamment aux anciennes voitures de course qui atteignent des cotes significatives en vente aux enchères.
À titre de comparaison, le marché des Mercedes anciennes ou des voitures de collection américaines a connu des hausses spectaculaires ces dernières années. Les Panhard, encore sous-évaluées, offrent un potentiel de valorisation intéressant pour qui sait attendre.
À retenir
- Privilégiez une PL 17 ou une 24 CT pour un premier achat Panhard, ces modèles offrent le meilleur rapport plaisir/disponibilité de pièces
- Vérifiez systématiquement la corrosion des bas de caisse et des planchers avant tout achat, c’est le poste de restauration le plus coûteux
- Rejoignez le Dyna Panhard Club de France avant même votre achat pour accéder au réseau de spécialistes et aux bonnes affaires entre membres
- Prévoyez un budget entretien annuel de 500 à 1 200 € pour une utilisation régulière (rallyes, sorties club, balades)
- Faites expertiser le véhicule par un spécialiste Panhard, pas un généraliste : le bicylindre a ses particularités que seul un connaisseur peut évaluer correctement
Questions fréquentes
Quelle est la marque de la voiture Panhard ?
Panhard et Levassor est une marque automobile française fondée en 1891 à Paris par René Panhard et Émile Levassor. C’est l’une des plus anciennes marques automobiles au monde. Elle a produit des voitures particulières jusqu’en 1967, date à laquelle Citroën, devenu actionnaire unique, a arrêté la production. La branche militaire (véhicules blindés) a survécu et opère aujourd’hui sous le nom Arquus.
Pourquoi Panhard a disparu ?
Panhard a cessé de produire des voitures en 1967 pour trois raisons principales : le rachat progressif par Citroën entre 1955 et 1965, le lancement de l’Ami 6 par Citroën qui couvrait le même segment de marché, et la concurrence des Renault 8 et Peugeot 204 face auxquelles le concept du bicylindre refroidi par air apparaissait dépassé. La dernière Panhard 24 est sortie d’usine le 20 juillet 1967.
Quel est le prix d’une Panhard ?
Le prix d’une Panhard ancienne varie de 2 000 € pour un projet de restauration (PL 17 en état moyen) à plus de 90 000 € pour une CD en état concours. Les modèles les plus courants comme la PL 17 se trouvent en bon état entre 8 000 et 15 000 €. La 24 CT, modèle le plus recherché, oscille entre 15 000 et 40 000 € selon l’état et la version.
Quels sont les modèles de voitures Panhard ?
Les principaux modèles de voitures Panhard d’après-guerre sont : la Dyna X (1948-1954), la Dyna Z (1954-1959, berline et cabriolet), la PL 17 (1959-1965), la 24 CT et 24 BT (1963-1967) et la rare CD (1962-1965). Avant-guerre, Panhard produisait également des modèles de prestige comme la Dynamic et la Panoramique, très recherchés mais extrêmement rares.
Où trouver des pièces détachées pour une Panhard ancienne ?
Les pièces détachées pour Panhard sont disponibles auprès de fournisseurs spécialisés en France (notamment en région parisienne et dans le Sud-Est), via le réseau du Dyna Panhard Club de France qui gère un stock de pièces, et sur les bourses d’échange automobiles. Les pièces mécaniques courantes (moteur, boîte, freins) restent bien approvisionnées ; les éléments de carrosserie spécifiques et les chromes sont plus difficiles à trouver et nécessitent parfois une refabrication sur mesure.
La Panhard 24 CT est-elle un bon investissement ?
Oui, la 24 CT est considérée comme le meilleur investissement de la gamme Panhard. Sa ligne intemporelle, sa rareté relative (environ 24 000 exemplaires produits toutes versions confondues) et sa cote en hausse régulière en font un choix pertinent. Les versions Tigre (moteur poussé à 60 ch) et les exemplaires avec historique documenté sont les plus valorisés. La progression annuelle de la cote se situe entre 5 et 8 % depuis 2020.
Philippe Moreau restaure des voitures anciennes depuis 25 ans dans son atelier près de Lyon. Spécialiste des véhicules français des années 1960 à 1980, il partage son expertise technique et sa passion pour le patrimoine automobile.