Jaguar collection : tout savoir sur les modèles mythiques

Dans cet article

  • La Jaguar Type E reste le modèle de collection le plus recherché, avec des cotes dépassant 150 000 € pour un exemplaire restauré
  • Une voiture doit avoir plus de 30 ans et ne plus être produite pour prétendre au statut collection en France
  • La Jaguar XKSS est le modèle le plus rare avec seulement 16 exemplaires produits à l’origine
  • Les Jaguar Mk2 et XJ6 série 1 sont les modèles qui devraient prendre le plus de valeur dans les cinq prochaines années
  • Le budget d’entretien annuel d’une Jaguar de collection se situe entre 2 000 et 5 000 € selon le modèle et l’usage
  • La fiscalité collection 2026 maintient l’exonération de malus écologique et le régime forfaitaire de plus-value à 6,5 %

Depuis vingt-cinq ans, je restaure des voitures anciennes dans mon atelier près de Lyon. Parmi toutes les marques qui passent entre mes mains, Jaguar occupe une place à part. Le ronronnement d’un six cylindres XK, la courbe d’une aile de Type E, le cuir Connolly d’une Mk2 : chaque Jaguar de collection raconte une histoire de passion, d’élégance et de performance. Dans ce guide complet, je partage tout ce que j’ai appris sur la collection Jaguar, des modèles mythiques aux pièges à éviter lors d’un achat.

L’histoire de Jaguar : des origines à la légende

Tout commence en 1922 lorsque William Lyons et William Walmsley fondent la Swallow Sidecar Company à Blackpool. À l’époque, il s’agit de fabriquer des side-cars pour motos. Mais Lyons a une vision : créer des voitures élégantes accessibles au plus grand nombre. En 1935, la marque SS Jaguar voit le jour. Après la guerre, le nom « SS » est abandonné pour des raisons évidentes, et Jaguar Cars Limited naît officiellement en 1945.

La première véritable percée arrive en 1948 avec la Jaguar XK120. Cette sportive, équipée du légendaire moteur 6 cylindres XK de 3,4 litres, est alors la voiture de série la plus rapide au monde avec ses 200 km/h en pointe. Le monde de l’automobile est stupéfait : Jaguar propose des performances de supercar à un prix deux fois inférieur à la concurrence. Ce positionnement, que Lyons résumait par la formule « Grace, Space, Pace » (grâce, espace, allure), deviendra l’ADN de la marque pour les décennies suivantes.

Les victoires au Mans en 1951, 1953, 1955, 1956 et 1957 avec les Type C puis Type D assoient définitivement la réputation sportive de Jaguar. Ces succès en compétition nourrissent directement les modèles de route et expliquent pourquoi, aujourd’hui encore, une jaguar collection fait rêver les passionnés du monde entier. Pour comprendre comment d’autres constructeurs européens ont marqué l’histoire, je vous recommande mon article sur les voitures italiennes anciennes les plus désirées.

Différentes générations de Jaguar réunies lors d'un concours d'élégance
Différentes générations de Jaguar réunies lors d’un concours d’élégance

Les modèles mythiques de la collection Jaguar

Quand on parle de Jaguar de collection, plusieurs modèles reviennent systématiquement. Voici ceux que je considère comme incontournables après des centaines de restaurations.

La XK120 (1948-1954), puis ses évolutions XK140 et XK150, représentent l’âge d’or des sportives britanniques. Disponibles en roadster, coupé et drophead (cabriolet), ces voitures combinent un moteur XK robuste et une ligne intemporelle. Le modèle XK150 S, avec ses 265 chevaux et ses freins à disque sur les quatre roues, reste mon préféré de la série.

La Type C (1951-1953) et la Type D (1954-1957) sont les pures machines de course. Produites en très petites séries (53 Type C et 71 Type D), elles atteignent aujourd’hui des prix stratosphériques lors des ventes aux enchères. Si vous avez la chance d’en croiser une, sachez que vous êtes face à un morceau d’histoire du sport automobile.

La Jaguar Mk2 (1959-1967) est la berline sportive par excellence. Avec son moteur 3,8 litres, elle pouvait atteindre 200 km/h tout en transportant quatre adultes dans un confort remarquable. Elle a d’ailleurs été surnommée « la voiture de fuite préférée des braqueurs » en Angleterre, tant ses performances étaient supérieures à celles des voitures de police de l’époque.

Enfin, impossible d’ignorer la XJS (1975-1996), longtemps boudée par les collectionneurs mais aujourd’hui en pleine ascension. Son moteur V12 de 5,3 litres et sa ligne controversée signée Malcolm Sayer en font un choix original pour qui cherche une jaguar collection occasion à prix encore accessible.

Jaguar Type E : l’icône absolue du collectionneur

La Jaguar Type E, présentée au salon de Genève en mars 1961, est sans doute la plus belle voiture jamais dessinée. Enzo Ferrari lui-même l’a qualifiée de « plus belle voiture du monde ». Je lui consacre un chapitre entier car c’est le modèle que je restaure le plus fréquemment, et celui qui suscite le plus de questions.

La Type E se décline en trois séries distinctes. La Série 1 (1961-1968) est la plus pure, avec ses phares carénés sous verre et son moteur 3,8 puis 4,2 litres. C’est aussi la plus recherchée et la plus chère. La Série 2 (1968-1971) adopte des phares découverts et des pare-chocs plus imposants pour satisfaire les normes américaines. La Série 3 (1971-1975) reçoit le moteur V12 de 5,3 litres, une merveille mécanique mais qui alourdit sensiblement la voiture.

En termes de carrosserie, la Jaguar collection Type E existe en coupé (Fixed Head Coupé), roadster et, plus rarement, en 2+2. Le roadster Série 1, surtout en version « flat floor » des premiers mois de production, est le Saint-Graal des collectionneurs. Les exemplaires « flat floor » à boîte à vitesses externe se négocient au-delà de 250 000 € en état concours.

Pour ceux qui rêvent d’une Jaguar collection cabriolet, la Type E roadster reste le choix le plus emblématique, mais attention : une restauration complète demande entre 18 et 36 mois de travail pour un résultat irréprochable. Si vous cherchez un spécialiste pour un tel projet, consultez mon guide sur les critères pour choisir un spécialiste en restauration.

Le moteur six cylindres XK de la Type E, une mécanique légendaire à entretenir avec soin
Le moteur six cylindres XK de la Type E, une mécanique légendaire à entretenir avec soin

Jaguar Mk2 et XJ : les berlines de caractère

Si la Type E capte toute la lumière, les berlines Jaguar méritent tout autant l’attention des collectionneurs avisés. La Jaguar ancienne Mk2 en version 3.8 litres avec boîte manuelle et overdrive représente, à mon sens, l’un des meilleurs rapports plaisir/investissement du marché actuel.

La Mk2 est une voiture que j’adore restaurer. Sa mécanique est solide, les pièces sont disponibles, et le résultat final est spectaculaire. L’habitacle en bois et cuir, le tableau de bord garni d’instruments Smiths, le volant en bakélite : tout respire l’artisanat britannique des années 1960. Sur route, le moteur XK délivre un couple généreux dès les bas régimes, accompagné d’une sonorité rauque caractéristique.

L’ancienne Jaguar XJ, et plus particulièrement la XJ6 Série 1 (1968-1973), est l’autre grande berline de collection. Dessinée par Sir William Lyons en personne, elle a redéfini le concept de berline de luxe sportive. Selon le catalogue historique d’Auto Forever, la XJ6 a été produite sous différentes séries jusqu’en 1992, mais c’est la Série 1 qui possède les lignes les plus pures et la cote la plus soutenue.

Pour les amateurs de sensations fortes, la XJ12 Série 1 avec son V12 de 5,3 litres est une expérience unique. Le silence de fonctionnement de ce moteur est légendaire ; on dit qu’à l’arrêt, on n’entend que le tic-tac de l’horloge du tableau de bord. Cette discrétion mécanique contraste avec des performances dignes d’une sportive : 230 km/h en pointe pour une berline de près de deux tonnes.

Si les berlines britanniques vous passionnent, vous apprécierez peut-être aussi les Ford anciennes emblématiques qui ont marqué la même époque.

Cotes et prix des Jaguar de collection en 2026

Le marché des Jaguar collection prix a connu des évolutions significatives ces dernières années. Voici un tableau récapitulatif des cotes moyennes que j’observe en 2026, basé sur mon expérience et les transactions récentes.

Modèle Années État correct / roulant État restauré / concours Tendance 2026
XK120 Roadster 1948-1954 80 000 à 120 000 € 180 000 à 280 000 € Stable ↔
XK140 / XK150 1954-1961 60 000 à 100 000 € 140 000 à 220 000 € Hausse légère ↑
Type E Série 1 Roadster 1961-1968 90 000 à 130 000 € 160 000 à 300 000 € Hausse ↑
Type E Série 1 Coupé 1961-1968 70 000 à 100 000 € 120 000 à 200 000 € Hausse ↑
Type E Série 2 1968-1971 50 000 à 80 000 € 100 000 à 160 000 € Hausse légère ↑
Type E Série 3 V12 1971-1975 45 000 à 70 000 € 90 000 à 150 000 € Hausse ↑
Mk2 3.8 1959-1967 30 000 à 55 000 € 70 000 à 120 000 € Hausse ↑
XJ6 Série 1 1968-1973 15 000 à 30 000 € 40 000 à 70 000 € Hausse marquée ↑↑
XJS V12 Cabriolet 1988-1996 20 000 à 35 000 € 45 000 à 75 000 € Hausse ↑
XJS V12 Coupé 1975-1996 10 000 à 20 000 € 25 000 à 45 000 € Hausse légère ↑

Ces fourchettes concernent des véhicules à historique documenté et numéros concordants (matching numbers). Un véhicule sans historique ou avec un moteur remplacé verra sa cote diminuer de 20 à 40 %. Pour bien décrypter une annonce et éviter les mauvaises surprises, je vous conseille de lire mon article sur les 5 pièges à éviter avant d’acheter une voiture ancienne.

Le marché de la Jaguar voiture ancienne prix reste globalement orienté à la hausse, porté par une demande internationale soutenue, notamment en provenance d’Asie et du Moyen-Orient. Les modèles les plus accessibles, comme la XJ6 ou la XJS coupé, représentent encore des opportunités intéressantes pour les collectionneurs au budget maîtrisé.

Acheter une Jaguar collection : mes conseils d’expert

Après avoir vu passer des centaines de Jaguar dans mon atelier, je peux vous dire que toutes les occasions ne se valent pas. Voici les points essentiels à vérifier avant de signer.

Le premier réflexe est de vérifier la corrosion. Les Jaguar anciennes, comme la plupart des voitures britanniques de l’époque, sont sensibles à la rouille. Sur une Type E, inspectez minutieusement les planchers, les longerons, les passages de roue et surtout le « bonnet » (le capot avant monobloc). Sur une Mk2, les bas de caisse, les pieds de montants et le plancher du coffre sont les zones critiques. Une voiture qui paraît saine en surface peut cacher des travaux de carrosserie considérables.

Ensuite, exigez un Heritage Certificate délivré par le Jaguar Daimler Heritage Trust. Ce document officiel confirme les spécifications d’origine du véhicule : couleur, motorisation, marché de destination. Il coûte une centaine d’euros et vaut son pesant d’or pour authentifier un véhicule. Si le vendeur refuse ou prétend l’avoir « égaré », méfiance.

Concernant la mécanique, le moteur XK est réputé robuste, mais il faut surveiller l’état de la culasse (risque de fissure entre les sièges de soupapes), le jeu aux paliers de vilebrequin et l’état de la chaîne de distribution. Sur les V12, la surchauffe est l’ennemi numéro un : vérifiez l’état du circuit de refroidissement, des durites et du radiateur avec une attention particulière.

Enfin, ne négligez pas l’électricité. Les Jaguar de cette époque utilisent des composants Lucas, que les Anglais surnomment ironiquement « The Prince of Darkness » (le Prince des Ténèbres). Un faisceau électrique refait à neuf, c’est un investissement de 1 500 à 3 000 €, mais c’est la garantie de pouvoir rouler sereinement.

La Jaguar Mk2, berline sportive au charme britannique intemporel
La Jaguar Mk2, berline sportive au charme britannique intemporel

Restauration et entretien d’une Jaguar ancienne

Restaurer une Jaguar de collection est un projet passionnant mais exigeant. Le budget varie considérablement selon le modèle et l’état de départ. Pour une Type E en restauration complète, il faut compter entre 80 000 et 150 000 € de travaux, sans compter le prix d’achat du véhicule. Pour une Mk2 ou une XJ6, le budget se situe plutôt entre 40 000 et 80 000 €.

La bonne nouvelle, c’est que l’approvisionnement en pièces pour les Jaguar classiques est excellent. Des fournisseurs spécialisés comme SNG Barratt, Martin Robey ou David Manners proposent des catalogues très complets, de la vis de pare-chocs au bloc moteur reconstruit. C’est un avantage considérable par rapport à d’autres marques de collection où trouver une pièce relève parfois de l’archéologie.

Pour l’entretien courant, une Jaguar ancienne demande une attention régulière mais pas excessive. Voici les opérations que je recommande :

  • Vidange moteur tous les 5 000 km ou une fois par an avec une huile 20W50 minérale
  • Graissage des points de suspension et de direction tous les 3 000 km (les Jaguar anciennes ont de nombreux graisseurs)
  • Vérification du circuit de refroidissement avant chaque saison, avec remplacement du liquide tous les deux ans
  • Contrôle des freins tous les 10 000 km, avec une attention particulière au servo-frein et au maître-cylindre
  • Réglage des carburateurs SU au début de chaque saison (une opération que tout propriétaire devrait apprendre à faire lui-même)

Pour le contrôle technique, les Jaguar en carte grise collection bénéficient d’un régime adapté. Retrouvez tous les détails dans mon guide sur le contrôle technique des voitures de collection.

Fiscalité et carte grise collection pour une Jaguar

La question fiscale revient systématiquement quand on parle de jaguar de collection. En France, le statut de véhicule de collection offre plusieurs avantages non négligeables, mais il convient de bien comprendre les règles en vigueur.

Pour obtenir la carte grise collection, votre Jaguar doit répondre à des critères précis. Le véhicule doit être âgé de plus de 30 ans et ne plus être produit par le constructeur. Il faut obtenir une attestation de la Fédération Française des Véhicules d’Époque (FFVE), qui vérifie que le véhicule est conforme à son état d’origine ou a été modifié de manière historiquement cohérente. J’ai rédigé un guide pas à pas pour vous accompagner dans la demande de carte grise collection.

En 2026, les principaux avantages fiscaux de la carte grise collection sont :

  • Exonération du malus écologique à l’immatriculation
  • Pas de vignette Crit’Air obligatoire (le véhicule peut circuler en ZFE sous certaines conditions)
  • Contrôle technique espacé à 5 ans au lieu de 2 ans
  • En cas de revente avec plus-value, application du régime forfaitaire de 6,5 % du prix de vente (au lieu de la taxation sur la plus-value réelle)

Pour la taxe sur les véhicules de collection lors d’une vente, le propriétaire a le choix entre le régime forfaitaire de 6,5 % du prix de cession ou le régime réel de taxation des plus-values sur biens meubles (36,2 % sur la plus-value, avec abattement de 5 % par an à partir de la troisième année de détention). Pour la plupart des transactions, le forfait de 6,5 % est plus avantageux. Les détails complets sont disponibles sur le site officiel Service-Public.fr concernant les véhicules de collection.

Pour approfondir toutes les subtilités de l’immatriculation, consultez mon article dédié à la carte grise véhicule de collection.

Quelle Jaguar de collection comme investissement ?

On me pose souvent la question : quel Jaguar va prendre de la valeur ? Après des années d’observation du marché, voici mon analyse.

Les Type E Série 1, surtout en roadster, sont déjà à des niveaux de prix élevés. La marge de progression existe encore, mais elle sera plus modérée que celle des dix dernières années. C’est un placement sûr, comparable à de l’immobilier de prestige, mais le ticket d’entrée est conséquent.

Les véritables opportunités se troent, selon moi, du côté des Mk2 3.8 manuelles et des XJ6 Série 1. Ces modèles sont encore relativement accessibles, bénéficient d’une reconnaissance croissante et offrent un plaisir de conduite exceptionnel. La Mk2 en particulier profite d’un engouement lié aux séries télévisées britanniques et à sa cote « cool » dans la culture populaire.

La XJS cabriolet V12 est aussi un modèle à surveiller. Longtemps considérée comme le parent pauvre de la gamme, elle voit sa cote grimper régulièrement depuis 2020. Les exemplaires bien entretenus et avec historique complet se raréfient, ce qui pousse les prix à la hausse.

Un conseil que je donne toujours : n’achetez jamais une voiture de collection uniquement pour spéculer. Le marché peut se retourner, les coûts d’entretien et de stockage grignotent la rentabilité, et une voiture qui ne roule pas se dégrade. Achetez un modèle qui vous fait vibrer, entretenez-le avec soin, et si la plus-value est au rendez-vous, considérez-la comme un bonus. C’est la philosophie que je partage aussi dans mon article sur les voitures anciennes de collection en 2026.

Si le monde des voitures de collection vous intéresse, ne manquez pas les rassemblements et salons comme celui que je détaille dans mon guide du Salon de Reims voiture ancienne 2026. Et pour ceux qui souhaiteraient profiter d’une Jaguar le temps d’un week-end avant d’acheter, pensez à la location de voiture de collection.

À retenir

  • Vérifiez systématiquement la corrosion des planchers et longerons avant tout achat de Jaguar ancienne
  • Exigez le Heritage Certificate du Jaguar Daimler Heritage Trust pour authentifier le véhicule
  • Privilégiez les exemplaires « matching numbers » avec historique documenté pour préserver la valeur
  • Prévoyez un budget d’entretien annuel de 2 000 à 5 000 € pour rouler sereinement
  • Visez les Mk2 3.8 et XJ6 Série 1 pour le meilleur potentiel de plus-value à moyen terme

Questions fréquentes


Quelle est la Jaguar la plus rare ?

La Jaguar XKSS est le modèle le plus rare de toute la production Jaguar. Conçue en 1957 comme version routière de la Type D victorieuse au Mans, seuls 16 exemplaires ont été achevés avant qu’un incendie ne détruise l’usine de Browns Lane et les 9 châssis restants. En 2016, Jaguar Classic a produit 9 exemplaires de continuation pour compléter la série originale, mais ces « nouvelles » XKSS se négocient autour de 1,5 million d’euros. Parmi les autres modèles extrêmement rares, citons la Type E Lightweight (12 exemplaires) et la XJ13 (un unique prototype).


Quel âge doit avoir une voiture pour être de collection ?

En France, une voiture doit avoir plus de 30 ans d’âge pour prétendre au statut de véhicule de collection. Elle doit également ne plus être produite par le constructeur. Cette condition est définie par l’arrêté du 31 août 2020 et s’applique à la date de première mise en circulation du véhicule. Concrètement, en 2026, une Jaguar immatriculée pour la première fois avant le 1er janvier 1996 peut être éligible. Il faut ensuite obtenir une attestation de la FFVE et effectuer les démarches d’immatriculation en carte grise collection.


Quel Jaguar va prendre de la valeur ?

D’après mon expérience du marché, les modèles les plus prometteurs en termes de valorisation sont la Jaguar Mk2 3.8 à boîte manuelle, la XJ6 Série 1 et la XJS V12 cabriolet. Ces trois modèles sont encore relativement accessibles (entre 15 000 et 55 000 € en état correct), bénéficient d’une reconnaissance croissante des collectionneurs et disposent d’un réseau de pièces détachées solide. La Type E Série 3 V12 roadster est aussi en forte progression, car les collectionneurs qui ne peuvent plus s’offrir une Série 1 se reportent sur cette alternative.


Pourquoi Jaguar ne vend pas ?

La marque Jaguar traverse une période de transition profonde. Depuis le rachat par Tata Motors en 2008, puis la fusion avec Land Rover, Jaguar a peiné à trouver son positionnement face à des concurrents comme BMW, Mercedes et Audi. Les ventes de modèles neufs ont chuté, notamment à cause d’un réseau de distribution restreint, d’une gamme vieillissante et d’une transition vers l’électrique jugée trop lente puis trop radicale. En 2024-2025, Jaguar a annoncé l’arrêt de la plupart de ses modèles thermiques pour se repositionner en marque 100 % électrique ultra-premium. Paradoxalement, cette situation profite au marché de la collection : les Jaguar classiques deviennent les dernières représentantes de l’ADN original de la marque, ce qui soutient leur cote.


Combien coûte l’entretien annuel d’une Jaguar de collection ?

Le budget d’entretien annuel dépend du modèle et de l’usage. Pour une utilisation loisir (3 000 à 5 000 km par an), comptez entre 2 000 et 3 500 € pour une Mk2 ou une XJ6, et entre 3 000 et 5 000 € pour une Type E ou un modèle V12. Ce budget couvre la vidange, le graissage, les réglages de carburateurs, l’assurance collection et le stockage hivernal. Les pièces d’usure courantes (freins, embrayage, silent-blocs) restent abordables grâce aux nombreux fournisseurs spécialisés. En revanche, une panne importante (refection moteur, boîte de vitesses) peut coûter entre 5 000 et 15 000 € selon la complexité.


Peut-on rouler au quotidien avec une Jaguar de collection ?

Techniquement oui, mais je le déconseille pour plusieurs raisons. D’abord, les Jaguar classiques n’ont pas les équipements de sécurité modernes (ABS, airbags, ESP). Ensuite, l’usure accélérée liée à un usage quotidien dépréciera le véhicule plus vite que la cote ne monte. Enfin, avec une carte grise collection, le véhicule est soumis à certaines restrictions de circulation en ZFE. Mon conseil : réservez votre Jaguar aux sorties de plaisir, aux rallyes et aux rassemblements, et utilisez un véhicule moderne au quotidien. Cela dit, une XJS des années 1990 en carte grise normale reste parfaitement utilisable comme voiture de week-end régulière.


Philippe Moreau
Philippe Moreau

Philippe Moreau restaure des voitures anciennes depuis 25 ans dans son atelier près de Lyon. Spécialiste des véhicules français des années 1960 à 1980, il partage son expertise technique et sa passion pour le patrimoine automobile.