Dans cet article
- La Honda Civic première génération, lancée en 1972, reste le modèle le plus emblématique de la décennie
- La Honda S800, produite jusqu’en 1970, se négocie entre 25 000 et 45 000 € selon son état
- Le petit kei car Honda Z se trouve à partir de 8 000 € pour un exemplaire à restaurer
- La Honda Civic CVCC de 1975 a été la première voiture à respecter les normes antipollution américaines sans pot catalytique
- Les pièces détachées pour ces modèles restent accessibles grâce à un réseau de spécialistes et de clubs actifs
- L’Accord, lancée en 1976, a posé les bases du segment berline familiale japonaise en Europe
Sommaire
- Honda dans les années 70 : de la moto à l’automobile
- La Honda S800 : le dernier souffle d’un roadster pionnier
- La Honda Z : le kei car qui a marqué le début de la décennie
- La Honda Civic : la révolution de 1972
- La Honda Accord : l’ascension vers le haut de gamme
- Prix du marché des Honda année 70 en 2026
- Conseils pour acheter une Honda de collection des années 70
- Entretien et restauration : ce qu’il faut savoir
Honda dans les années 70 : de la moto à l’automobile
Quand on me demande de travailler sur une voiture Honda année 70, je mesure à chaque fois le chemin parcouru par ce constructeur en à peine une décennie. Soichiro Honda, fondateur visionnaire, avait bâti sa réputation sur les deux-roues avant de se lancer dans l’automobile au début des années 1960. Dans les années 70, Honda a véritablement imposé sa vision : des voitures fiables, économiques et techniquement innovantes, à une époque où le choc pétrolier de 1973 bouleversait l’industrie mondiale.
J’ai restauré ma première Honda ancienne il y a une quinzaine d’années, une Civic de 1976. Ce qui m’a frappé, c’est la qualité d’assemblage pour l’époque et la logique mécanique implacable. Honda a toujours pensé ses moteurs comme un horloger conçoit un mouvement : chaque pièce a sa raison d’être. Cette philosophie, héritée de la compétition moto, se retrouve dans chaque honda année 70 voiture que j’ai eu la chance de démonter et remonter dans mon atelier.
Contrairement aux voitures américaines des années 70 qui misaient sur la puissance brute, Honda a choisi la carte de l’efficience. Et contrairement aux voitures françaises de la même époque, les Honda offraient une fiabilité mécanique qui a rapidement séduit les automobilistes européens les plus exigeants. Cette approche a fait de Honda un acteur incontournable, passant de constructeur confidentiel à marque mondiale en l’espace de dix ans.

La Honda S800 : le dernier souffle d’un roadster pionnier
La production de la Honda S800 s’est achevée en 1970, mais ce petit roadster reste intimement lié à la décennie. C’est le modèle qui a ouvert la voie à Honda sur le marché automobile, et bon nombre d’exemplaires encore en circulation ont été immatriculés au début des années 70. Dans mon atelier, j’en ai restauré trois au fil des ans, et chacune m’a procuré un plaisir mécanique rare.
Le moteur quatre cylindres de 791 cm³ développe 70 chevaux et prend ses tours avec une vivacité qui rappelle directement l’ADN moto de Honda. Ce bloc peut atteindre 8 000 tr/min, un régime stupéfiant pour une voiture de série de cette époque. La S800 ne pèse que 755 kg, ce qui lui confère un rapport poids-puissance tout à fait réjouissant sur les routes de campagne.
Selon le registre historique de la S800, environ 11 400 exemplaires ont été produits entre 1966 et 1970. Cette rareté explique des cotes en hausse constante. Un exemplaire en bon état se négocie aujourd’hui entre 25 000 et 45 000 €, tandis qu’une version coupé en état concours peut dépasser les 55 000 €. Si vous cherchez un roadster japonais des seventies avec un caractère unique, la S800 est un choix que je recommande sans réserve, à condition de bien vérifier l’historique du véhicule avant l’achat.
La Honda Z : le kei car qui a marqué le début de la décennie
La Honda Z, produite de 1970 à 1974, est un modèle que j’affectionne particulièrement. Ce petit kei car au design futuriste, avec sa lunette arrière en forme de bulle, a été surnommé « Honda Z Water Cooled » ou « Honda Z GS » selon les versions. C’est un condensé de l’audace créative de Honda à cette époque.
Sous le capot, on trouve un bicylindre de 356 cm³ (pour le marché japonais) ou un moteur de 598 cm³ pour les versions exportées. La puissance reste modeste, entre 27 et 36 chevaux selon les variantes, mais le poids plume de la voiture (environ 545 kg) lui permet de se faufiler avec agilité en ville. J’ai restauré une Honda Z GS l’année dernière pour un collectionneur parisien : la mécanique est simple, accessible, et les pièces se trouvent encore via les réseaux de passionnés japonais.
La Honda Z est aujourd’hui un objet de collection recherché, notamment par les amateurs de culture automobile japonaise. Les prix varient entre 8 000 € pour un exemplaire à restaurer et 18 000 € pour un modèle en très bon état. C’est une porte d’entrée intéressante dans le monde de la collection automobile pour un budget raisonnable. Les modèles réduits de cette époque, comme ceux de la gamme Majorette des années 70, reproduisaient d’ailleurs fidèlement la silhouette si particulière de la Z.
La Honda Civic : la révolution de 1972
Quel modèle Honda a été lancé en 1972 ? La réponse est sans hésitation la Honda Civic, et son arrivée a constitué un tournant majeur dans l’histoire de l’automobile. Cette petite berline à hayon a littéralement redéfini les standards du segment des compactes, et je considère qu’elle a changé la perception des voitures japonaises dans le monde entier.
La première génération de Civic (1972-1979) embarquait un moteur quatre cylindres de 1 169 cm³ développant 50 chevaux dans sa version initiale. Mais c’est l’introduction du moteur CVCC (Compound Vortex Controlled Combustion) en 1975 qui a véritablement fait parler de Honda. Cette technologie permettait de respecter les sévères normes antipollution du Clean Air Act américain sans recourir à un pot catalytique, un exploit technique que ni General Motors, ni Ford, ni aucun constructeur européen n’avait réussi à accomplir.
Dans mon atelier, j’ai travaillé sur une dizaine de Civic première génération. Ce qui me frappe à chaque fois, c’est la qualité de conception du bloc moteur. Les tolérances sont serrées, l’usinage est précis, et ces petits moteurs encaissent les kilomètres sans broncher quand l’entretien est suivi. La Civic de cette époque est aussi remarquablement légère : environ 680 kg sur la balance, ce qui lui confère une consommation très raisonnable, un argument de poids après le choc pétrolier de 1973.

Quelle est la voiture mythique Honda ? Pour beaucoup de passionnés et de collectionneurs, c’est précisément cette Civic première génération. Elle incarne tout ce que Honda sait faire de mieux : innovation technique, fiabilité et accessibilité. Et quand on la compare aux voitures des années 70-80, on réalise à quel point elle a influencé toute une génération de constructeurs.
La Honda Accord : l’ascension vers le haut de gamme
En 1976, Honda a lancé l’Accord, un modèle qui positionnait la marque sur le segment supérieur. L’Accord première génération était une berline trois portes à hayon, plus spacieuse et mieux équipée que la Civic, avec un moteur 1 599 cm³ de 68 chevaux. Elle proposait des équipements considérés comme luxueux pour l’époque : climatisation en option, autoradio intégré et sellerie de qualité.
J’ai eu l’occasion de restaurer une Accord de 1978 il y a quelques années. La qualité de finition intérieure m’a surpris : les plastiques sont plus nobles que sur la concurrence européenne de l’époque, les assemblages sont soignés, et le niveau d’insonorisation est étonnamment bon pour une voiture japonaise de cette période. L’Accord a d’ailleurs été la première voiture japonaise fabriquée aux États-Unis à partir de 1982, preuve de son succès commercial outre-Atlantique.
Sur le marché de la collection, l’Accord première génération reste un modèle relativement confidentiel. Les prix oscillent entre 5 000 et 12 000 € pour un exemplaire en bon état. C’est une voiture sous-cotée qui mérite l’attention des collectionneurs avisés. Si vous envisagez d’acquérir une Honda ancienne, consultez la cote des voitures de collection pour suivre l’évolution des prix.
Prix du marché des Honda année 70 en 2026
Le marché des Honda anciennes des années 70 a considérablement évolué ces dernières années. La reconnaissance croissante de la qualité mécanique japonaise et l’intérêt pour les voitures classiques abordables ont fait monter les cotes. Voici un tableau récapitulatif basé sur mes observations du marché et les transactions récentes lors de ventes aux enchères de voitures de collection.
| Modèle | Années de production | Prix restauration complète | Prix bon état | Prix état concours |
|---|---|---|---|---|
| Honda S800 Roadster | 1966-1970 | 12 000 – 20 000 € | 25 000 – 45 000 € | 50 000 – 65 000 € |
| Honda S800 Coupé | 1968-1970 | 15 000 – 22 000 € | 28 000 – 48 000 € | 55 000 – 70 000 € |
| Honda Z (kei car) | 1970-1974 | 5 000 – 8 000 € | 10 000 – 18 000 € | 20 000 – 25 000 € |
| Honda 1300 Berline | 1969-1973 | 4 000 – 7 000 € | 8 000 – 14 000 € | 16 000 – 22 000 € |
| Honda Civic 1ère gén. | 1972-1979 | 3 000 – 6 000 € | 7 000 – 15 000 € | 18 000 – 28 000 € |
| Honda Civic CVCC | 1975-1979 | 4 000 – 7 000 € | 9 000 – 18 000 € | 22 000 – 32 000 € |
| Honda Accord 1ère gén. | 1976-1981 | 3 000 – 5 000 € | 5 000 – 12 000 € | 14 000 – 20 000 € |
Ces prix reflètent le marché européen en 2026. Le marché américain et japonais présente des écarts significatifs, notamment pour la S800 qui peut atteindre des sommes bien plus élevées au Japon. Je conseille toujours de consulter plusieurs sources avant de se positionner, et surtout de faire examiner le véhicule par un spécialiste. Pour obtenir un rapport historique gratuit, plusieurs outils en ligne permettent de vérifier le passé administratif du véhicule.
Conseils pour acheter une Honda de collection des années 70
Quelles sont les voitures Honda anciennes les plus intéressantes à acquérir aujourd’hui ? En 25 ans de métier, j’ai développé une grille d’évaluation spécifique pour les Honda de cette période. Voici mes recommandations concrètes.
Vérifiez la corrosion en priorité. Les Honda des années 70, comme beaucoup de japonaises de cette époque, utilisaient des tôles fines dont la protection anticorrosion était perfectible. Inspectez minutieusement les passages de roues, les longerons, les bas de caisse et le plancher. Sur une Civic, la zone autour du berceau moteur est particulièrement sensible. Sur la S800, les ailes avant et la zone derrière les sièges méritent une attention spéciale.
Examinez la documentation. Une Honda ancienne bien documentée vaut significativement plus qu’un modèle sans historique. Le carnet d’entretien d’origine, les factures de travaux et les anciens contrôles techniques constituent un dossier précieux. Pour les modèles importés du Japon, vérifiez que la procédure d’homologation française a été correctement effectuée auprès de la DRIRE (aujourd’hui DREAL).

Identifiez les pièces d’origine. Les Honda de cette époque subissent parfois des modifications non réversibles. Vérifiez que le moteur correspond au numéro de châssis, que le carburateur est d’origine (Keihin pour la plupart des modèles) et que l’échappement n’a pas été modifié. Une voiture dans sa configuration d’origine sera toujours plus valorisée qu’un exemplaire modifié.
Pour trouver une voiture Honda ancienne occasion, plusieurs canaux sont possibles : les sites spécialisés en véhicules de collection, les clubs Honda France, les bourses d’échange automobiles et les ventes aux enchères. Je recommande également de rejoindre les forums dédiés où les passionnés partagent régulièrement des informations sur les exemplaires disponibles. Pour bien choisir le professionnel qui entretiendra votre Honda, consultez notre guide pour trouver un garage oldtimer de confiance.
Quelle est la voiture mythique des années 70 ? Si l’on considère l’impact global sur l’industrie automobile, la Honda Civic mérite amplement ce titre aux côtés de la Volkswagen Golf et de la Fiat 127. Elle a prouvé qu’une petite voiture pouvait être à la fois économique, fiable et techniquement avant-gardiste. Pour les collectionneurs en quête de modèles de la même époque mais d’autres origines, je vous invite à découvrir notre article sur les voitures anciennes italiennes qui offrent un tempérament bien différent.
Entretien et restauration : ce qu’il faut savoir
Restaurer une Honda des années 70 présente des avantages et des défis spécifiques. L’avantage principal réside dans la simplicité mécanique de ces modèles. Pas d’électronique complexe, pas de capteurs en cascade : on travaille avec des outils classiques et une bonne compréhension des principes mécaniques de base.
Pour les moteurs, les pièces d’usure courantes (segments, soupapes, roulements, joints) se trouvent encore relativement facilement. Les carburateurs Keihin, bien que spécifiques, peuvent être reconditionnés par des spécialistes. Je travaille régulièrement avec des fournisseurs japonais qui proposent des kits de révision complets pour les moteurs de Civic et de S800. Les pièces détachées pour voitures anciennes se trouvent aussi via des réseaux européens spécialisés.
La carrosserie constitue souvent le poste le plus important du budget de restauration. Certains éléments de tôlerie ne sont plus disponibles en pièces neuves, ce qui oblige à faire fabriquer des pièces sur mesure ou à recourir à la tôlerie artisanale. Pour une restauration complète d’une Civic première génération, il faut compter entre 15 000 et 25 000 € tout compris (pièces et main-d’œuvre), selon l’état de départ.
Un point crucial pour ces véhicules : le contrôle technique collection présente des spécificités qu’il faut connaître. Les points de contrôle sont adaptés à l’ancienneté du véhicule, mais certains éléments restent éliminatoires. Je recommande de préparer soigneusement le passage au contrôle, notamment le système de freinage et l’éclairage, qui sont les deux postes de défaillance les plus fréquents sur ces modèles.
Pour ceux qui s’intéressent aux Honda d’autres décennies, sachez que les modèles des années 60 (comme la S500 et la S600) sont encore plus rares et plus chers. Les Honda des années 80, notamment la CRX et la Prelude, offrent quant à elles un excellent rapport plaisir-prix pour débuter en collection. Les années 90 ont vu l’arrivée de la légendaire NSX, et les Honda année 2000 incluent des modèles déjà recherchés comme la S2000. Avant tout achat, pensez à vérifier l’historique du véhicule gratuitement en ligne.
À retenir
- Inspectez la corrosion des longerons et bas de caisse en priorité sur toute Honda des années 70
- Vérifiez la correspondance moteur-châssis et la présence des équipements d’origine (carburateur Keihin)
- Prévoyez un budget de 15 000 à 25 000 € pour une restauration complète de Civic première génération
- Consultez les clubs Honda France et les forums spécialisés pour sourcer les pièces et les exemplaires à vendre
- La Civic CVCC (1975-1979) offre le meilleur potentiel de plus-value grâce à son importance historique
Questions fréquentes
Quelles sont les voitures Honda anciennes ?
Les principales voitures Honda anciennes des années 70 sont la S800 (roadster sportif produit jusqu’en 1970), la Honda Z (kei car de 1970 à 1974), la Honda 1300 (berline de 1969 à 1973), la Civic première génération (lancée en 1972) et l’Accord première génération (lancée en 1976). En remontant aux années 60, on trouve également les S500 et S600, premiers modèles automobiles de la marque. Ces véhicules se distinguent par leur fiabilité mécanique et leur ingénierie inspirée de la compétition motocycliste.
Quelle est la voiture mythique des années 70 ?
Parmi les voitures mythiques des années 70, la Honda Civic occupe une place de choix aux côtés de la Volkswagen Golf, de la Fiat 127 et de la Renault 5. La Civic a révolutionné le segment des compactes en proposant une mécanique fiable, une consommation réduite et une technologie antipollution CVCC en avance sur son temps. Pour les amateurs de sportives, la Porsche 911, la Lancia Stratos et la BMW 2002 figurent également parmi les icônes de cette décennie.
Quelle est la voiture mythique Honda ?
La voiture mythique Honda par excellence est la Civic première génération (1972), qui a transformé la perception des voitures japonaises dans le monde. Son moteur CVCC, capable de respecter les normes antipollution sans catalyseur, a démontré le génie technique de Honda. La NSX (1990) et la S2000 (1999) sont également considérées comme des modèles mythiques, mais la Civic originelle reste le symbole fondateur de la philosophie automobile Honda.
Quel modèle Honda a été lancé en 1972 ?
Le modèle Honda lancé en 1972 est la Civic, une petite berline à hayon équipée d’un moteur quatre cylindres de 1 169 cm³ développant 50 chevaux. Ce modèle a connu un succès commercial immédiat, notamment aux États-Unis où sa faible consommation en carburant répondait parfaitement aux préoccupations liées au choc pétrolier de 1973. La Civic a ensuite évolué avec le moteur CVCC en 1975, renforçant sa réputation d’innovation technique.
Combien coûte une Honda S800 en 2026 ?
En 2026, une Honda S800 en bon état se négocie entre 25 000 et 45 000 € sur le marché européen. Un exemplaire nécessitant une restauration complète peut se trouver entre 12 000 et 20 000 €, tandis qu’un modèle en état concours peut dépasser les 55 000 €. La version coupé est généralement plus recherchée que le roadster et commande une prime d’environ 10 à 15 % sur les prix. Le marché japonais affiche des cotes encore plus élevées en raison de la demande locale.
Où trouver des pièces pour une Honda des années 70 ?
Les pièces pour Honda des années 70 se trouvent auprès de plusieurs sources : les fournisseurs spécialisés japonais (accessibles en ligne), les clubs Honda France qui disposent de réseaux d’entraide, les bourses d’échange automobiles, et certains détaillants européens spécialisés en pièces pour voitures japonaises anciennes. Les pièces d’usure moteur (joints, segments, soupapes) restent disponibles, tandis que les éléments de carrosserie spécifiques nécessitent parfois une fabrication sur mesure par un tôlier artisanal.
Philippe Moreau restaure des voitures anciennes depuis 25 ans dans son atelier près de Lyon. Spécialiste des véhicules français des années 1960 à 1980, il partage son expertise technique et sa passion pour le patrimoine automobile.