5 voitures françaises des années 70 devenues cultes

Après vingt-cinq ans passés à démonter, souder et redonner vie à des mécaniques oubliées dans mon atelier près de Lyon, je peux affirmer une chose : la voiture année 70 française occupe une place à part dans le cœur des collectionneurs. Cette décennie a vu naître des modèles audacieux, parfois controversés, mais toujours attachants. Je vous propose de (re)découvrir cinq françaises qui ont marqué les années 1970 et qui, aujourd’hui encore, font tourner les têtes sur les routes de campagne comme dans les concours d’élégance.

Dans cet article

  • La Citroën SM reste l’une des GT françaises les plus recherchées, avec des cotes dépassant 80 000 € pour un exemplaire restauré
  • La Renault 5, lancée en 1972, s’est écoulée à plus de 5,5 millions d’exemplaires et demeure accessible en collection
  • La Peugeot 504 Coupé signée Pininfarina est considérée comme l’une des plus belles lignes françaises de la décennie
  • L’Alpine A310, produite dès 1971, offre un rapport plaisir/prix parmi les meilleurs du marché collection
  • La Citroën CX, sortie en 1974, a révolutionné le confort routier avec sa suspension hydropneumatique évoluée
  • Un budget de 8 000 à 15 000 € suffit pour démarrer un projet de restauration sur les modèles les plus courants

Pourquoi les années 70 ont forgé des légendes

Les années 1970 représentent une période charnière pour l’industrie automobile française. Entre le choc pétrolier de 1973 et l’explosion de la demande populaire, les constructeurs ont dû faire preuve d’une créativité remarquable. Dans mon atelier, je constate chaque semaine que les modèles de cette époque possèdent un caractère mécanique que l’on ne retrouve plus aujourd’hui : des moteurs que l’on peut régler soi-même, des carrosseries aux lignes signées par de grands stylistes, et une simplicité de conception qui facilite grandement la restauration.

La voiture française année 70 incarne aussi une époque où la France rivalisait avec l’Italie et l’Allemagne en matière d’innovation technique. La suspension hydropneumatique Citroën, les moteurs Cléon-Fonte de Renault ou les blocs XN de Peugeot témoignent d’un savoir-faire industriel considérable. Pour les amateurs de voitures des années 70-80, cette décennie constitue le point de départ d’une passion durable. Et si vous vous intéressez aux modèles d’outre-Atlantique, sachez que la voiture américaine des années 70 propose une approche radicalement différente, axée sur la puissance brute.

Ce qui rend ces voitures cultes, c’est aussi leur accessibilité relative. Contrairement à une voiture ancienne française des années 1930, les modèles des seventies bénéficient d’un réseau de pièces détachées encore vivace et d’une communauté de passionnés très active. Selon la Fédération Française des Véhicules d’Époque (FFVE), le parc de véhicules de collection en France dépasse le million d’unités, et les françaises des années 70 en constituent une part significative.

La Citroën SM et sa ligne fuselée caractéristique aux six optiques avant
La Citroën SM et sa ligne fuselée caractéristique aux six optiques avant

Citroën SM : le vaisseau amiral

Présentée au Salon de Genève en 1970, la Citroën SM reste pour moi la grande tourisme française par excellence. Fruit du mariage entre Citroën et Maserati, elle embarque un V6 Maserati de 2,7 litres couplé à la direction DIRAVI et à la suspension hydropneumatique. C’est une voiture que j’ai restaurée à plusieurs reprises, et chaque fois, je suis impressionné par l’ambition technique de ses concepteurs.

La SM a été produite à environ 13 000 exemplaires entre 1970 et 1975. Sa ligne fuselée, signée Robert Opron, faisait d’elle l’une des voitures les plus aérodynamiques de son temps, avec un Cx de 0,33. Aujourd’hui, un exemplaire en bon état se négocie entre 60 000 et 120 000 € selon la version et l’historique. Les pièces mécaniques liées au moteur Maserati restent les plus délicates à sourcer ; je recommande systématiquement de vérifier l’historique du véhicule avant tout achat.

La SM a été élue voiture de l’année par le magazine américain Motor Trend en 1972, preuve que le génie français savait s’exporter. Pour ceux qui envisagent l’achat d’une SM, pensez à consulter le rapport historique gratuit : c’est un réflexe qui peut vous épargner de mauvaises surprises.

Renault 5 : la populaire devenue icône

Quand Renault lance la R5 en janvier 1972, personne n’imagine qu’elle deviendra l’un des symboles de la décennie. Pourtant, avec ses boucliers en plastique intégrés et sa silhouette compacte dessinée par Michel Boué, elle révolutionne le segment des citadines. J’en ai restauré des dizaines dans mon atelier, des modèles TL de base aux fameuses Alpine et Alpine Turbo.

La Renault 5 incarne parfaitement l’esprit d’une voiture année 70 française populaire : économique, joyeuse et terriblement pratique. Son moteur Cléon-Fonte, que je connais par cœur, est d’une robustesse à toute épreuve. Les versions Alpine, apparues en 1976, développent 93 chevaux et offrent un plaisir de conduite étonnant pour un si petit gabarit. La version Turbo, sortie en 1980, marque déjà la transition vers les années 70-80.

En termes de cote, la R5 standard reste l’une des voitures de collection les plus accessibles. Comptez entre 5 000 et 12 000 € pour un bel exemplaire TL ou GTL, et entre 15 000 et 35 000 € pour une Alpine en bon état. C’est le choix idéal pour qui cherche une voiture année 70 pas cher sans sacrifier le charme rétro.

Peugeot 504 Coupé : l’élégance à la française

Si la berline 504, élue voiture européenne de l’année 1969, a lancé le mouvement, c’est le Coupé présenté en 1969 et produit tout au long des années 70 qui représente le sommet de l’élégance Peugeot. Dessiné par Pininfarina, ce coupé deux portes possède des proportions d’une justesse rare. Chaque fois que j’en vois un entrer dans mon atelier, je prends le temps d’admirer ses lignes avant de sortir les outils.

Le 504 Coupé était disponible en versions injection et V6 PRV (à partir de 1974). Le V6 de 2,7 litres, développé conjointement par Peugeot, Renault et Volvo, lui confère un tempérament de routière accomplie. La version cabriolet, plus rare encore, atteint aujourd’hui des cotes entre 40 000 et 80 000 €. Le Coupé V6 se situe autour de 25 000 à 50 000 € en fonction de l’état.

La question revient souvent : quelle voiture est sortie en 1974 ? Parmi les événements marquants, c’est justement l’année où Peugeot introduit le moteur V6 PRV dans le 504 Coupé, transformant une élégante routière en véritable grande tourisme. Si vous envisagez l’achat d’un tel véhicule, n’oubliez pas de vérifier les obligations liées au contrôle technique pour véhicule de collection.

Peugeot 504 Coupé Pininfarina : des lignes d'une élégance intemporelle
Peugeot 504 Coupé Pininfarina : des lignes d’une élégance intemporelle

Alpine A310 : la sportive accessible

L’Alpine A310, lancée en 1971, prend la succession de la mythique A110 Berlinette. Avec sa carrosserie en polyester stratifié et son châssis tubulaire, elle perpétue la tradition alpine de légèreté et d’agilité. Dans mon atelier, les A310 sont des projets que j’affectionne particulièrement : leur structure fibre facilite les réparations de carrosserie, et leur mécanique Renault est parfaitement documentée.

La première série (4 cylindres) produite de 1971 à 1976 est la plus rare et la plus recherchée des puristes. La seconde série, équipée du V6 PRV de 150 chevaux à partir de 1976, offre des performances remarquables avec un poids de seulement 980 kg. C’est une voiture qui répond à la question « quelles sont les voitures mythiques françaises ? » avec une évidence absolue.

En termes de budget, l’A310 V6 se négocie entre 30 000 et 55 000 € selon l’état. La version 4 cylindres, plus rare, peut dépasser les 70 000 €. Pour un premier achat, je conseille souvent la V6 : les pièces sont plus faciles à trouver et les clubs d’entraide très actifs. D’ailleurs, si vous cherchez des pièces spécifiques, un bon oldtimer shop pourra vous orienter efficacement.

L’Alpine représente aussi un investissement intéressant. Selon les données de la page Wikipedia consacrée à Alpine, la marque fondée par Jean Rédélé à Dieppe a produit des voitures de sport reconnues mondialement, ce qui soutient durablement la cote de ses modèles anciens.

Citroën CX : le confort avant-gardiste

Quelle voiture est sortie en 1974 ? La Citroën CX, bien sûr. Élue voiture européenne de l’année 1975, elle succède à la légendaire DS avec la lourde tâche de poursuivre l’innovation. Et elle y parvient brillamment : sa suspension hydropneumatique améliorée, son tableau de bord futuriste à tambours rotatifs et sa ligne signée Robert Opron en font une voiture résolument en avance sur son temps.

J’ai un attachement particulier pour la CX. C’est la première voiture ancienne que j’ai restaurée intégralement, il y a plus de vingt ans. Le système hydraulique haute pression, qui gère à la fois la suspension, la direction, le freinage et l’embrayage (sur les versions BVA), est un chef-d’œuvre d’ingénierie qui demande toutefois un entretien rigoureux. Quand on maîtrise ce système, la CX offre un confort de roulement que peu de voitures modernes égalent.

La gamme CX est vaste : des versions économiques Athéna aux puissantes GTi Turbo 2 en passant par les familiales Prestige et Break. Les prix en collection varient énormément : comptez 5 000 à 10 000 € pour une berline correcte, et jusqu’à 25 000 € pour une Prestige ou une GTi Turbo 2 en excellent état. La CX est accessible et reste l’une des meilleures portes d’entrée pour découvrir l’univers de l’automobile de collection.

Et si l’on se demande quelle voiture est sortie en 1973, on peut citer la Matra-Simca Bagheera, autre française audacieuse à trois places de front, qui témoigne de la créativité débordante de cette époque. Les voitures des années 60 70 françaises forment ainsi un continuum passionnant, des dernières DS aux premières CX.

La Citroën CX et sa lunette arrière concave, signature stylistique unique des années 70
La Citroën CX et sa lunette arrière concave, signature stylistique unique des années 70

Comparatif des cinq modèles cultes

Pour vous aider à y voir plus clair, voici un tableau récapitulatif des cinq modèles présentés. Je l’ai construit à partir de mon expérience personnelle et des transactions que j’observe régulièrement dans le milieu de la collection.

Modèle Années de production Motorisation phare Cote moyenne 2026 Difficulté de restauration Pièces disponibles
Citroën SM 1970-1975 V6 Maserati 2.7L 60 000 à 120 000 € Élevée Moyenne
Renault 5 (TL/Alpine) 1972-1984 4 cyl. Cléon-Fonte 5 000 à 35 000 € Faible Excellente
Peugeot 504 Coupé 1969-1983 V6 PRV 2.7L 25 000 à 80 000 € Moyenne Bonne
Alpine A310 1971-1984 V6 PRV 2.7L 30 000 à 70 000 € Moyenne Bonne
Citroën CX 1974-1991 4 cyl. 2.5L injection 5 000 à 25 000 € Moyenne à élevée Bonne

Ce comparatif montre que la voiture année 70 française offre un éventail de prix et de niveaux techniques très large. Du projet accessible en Renault 5 au grand chantier sur une SM, chacun peut trouver le modèle qui correspond à son budget et à ses compétences. Quelles sont les voitures emblématiques des années 70 ? Ce tableau en résume cinq, mais la liste est bien plus longue : Simca 1100, Renault 12 Gordini, Peugeot 304 S Coupé ou encore Matra Bagheera mériteraient aussi leur place.

Conseils pour acheter une voiture française des années 70

Fort de mes vingt-cinq années d’expérience, voici les recommandations que je donne systématiquement à ceux qui souhaitent acquérir leur première voiture française année 70.

Privilégiez un exemplaire roulant plutôt qu’une épave. La tentation est grande de craquer pour un projet à bas prix, mais les coûts de restauration complète dépassent souvent la valeur finale du véhicule. Un modèle roulant avec un historique documenté sera toujours un meilleur investissement. Consultez les ventes aux enchères auto de collection pour vous faire une idée des prix réels du marché.

Inspectez la corrosion en priorité. Sur les françaises des années 70, la rouille est l’ennemi numéro un. Les bas de caisse, les longerons, les passages de roue et les planchers sont les zones critiques. Sur une CX ou une SM, vérifiez également l’état du circuit hydraulique : une fuite peut engendrer des réparations coûteuses.

Rejoignez un club de marque. Les clubs Citroën, Renault, Peugeot et Alpine disposent de réseaux d’entraide précieux. Ils organisent des sorties, des bourses d’échange et partagent des carnets d’adresses de spécialistes fiables. C’est aussi par ce biais que l’on trouve les meilleures affaires, souvent avant qu’elles n’apparaissent sur les sites d’annonces.

Prévoyez un budget entretien annuel. Même une voiture en bon état nécessite un suivi régulier. Comptez entre 1 000 et 3 000 € par an pour l’entretien courant, les consommables et les petites réparations. Ce budget peut doubler sur une SM ou une Alpine en raison de la spécificité des pièces.

Si vous souhaitez élargir vos horizons au-delà des françaises, les voitures anciennes italiennes constituent un complément passionnant. Et pour ceux qui s’intéressent aux salons et événements, le rallye historique de Corse offre un spectacle inoubliable où l’on croise régulièrement des Alpine et des 504.

Pour les amateurs de culture automobile, je recommande aussi une visite au Musée Schlumpf à Mulhouse, qui abrite une collection exceptionnelle permettant d’admirer plusieurs modèles français des années 70 dans un état de conservation remarquable. C’est une source d’inspiration inépuisable pour tout restaurateur.

Enfin, renseignez-vous sur le statut de carte grise collection auprès de service-public.fr : ce document simplifie les démarches administratives et offre certains avantages, notamment en matière de contrôle technique. Pour ceux qui roulent en deux-roues d’époque, les règles diffèrent légèrement ; consultez notre article sur le contrôle technique moto de collection pour en savoir plus.

À retenir

  • Vérifiez systématiquement la corrosion sur les bas de caisse, longerons et planchers avant tout achat
  • Préférez un exemplaire roulant avec historique plutôt qu’une épave à restaurer : le coût total sera inférieur
  • Rejoignez un club de marque pour accéder aux pièces, aux spécialistes et aux meilleures opportunités d’achat
  • Prévoyez un budget entretien annuel de 1 000 à 3 000 € minimum selon le modèle
  • Consultez l’historique du véhicule et demandez un rapport avant de signer

Questions fréquentes


Quelles sont les voitures emblématiques des années 70 ?

Parmi les françaises, la Citroën SM, la Renault 5, la Peugeot 504 Coupé, l’Alpine A310 et la Citroën CX sont les plus emblématiques. À l’international, on peut citer la Volkswagen Golf, la BMW 2002, la Porsche 911 ou la Fiat 130 Coupé. Ces modèles ont tous marqué la décennie par leur design, leur innovation technique ou leur succès commercial.


Quelles sont les voitures mythiques françaises ?

Les voitures mythiques françaises couvrent plusieurs décennies : la Citroën DS (1955), la Renault 4L (1961), l’Alpine A110 (1962), la Peugeot 504 (1968), la Citroën SM (1970), la Renault 5 (1972) et la Citroën CX (1974). Plus récemment, la Peugeot 205 GTI et la Renault Clio Williams ont rejoint ce panthéon. Chacune incarne un aspect du génie automobile français : innovation, accessibilité ou plaisir de conduite.


Quelle voiture est sortie en 1974 ?

L’année 1974 a vu le lancement de la Citroën CX, élue voiture européenne de l’année 1975. C’est aussi l’année où Peugeot introduit le moteur V6 PRV dans le 504 Coupé. En dehors de la France, Volkswagen lance la Golf et Saab présente la 99 Turbo. Une année riche pour l’automobile malgré le contexte difficile du premier choc pétrolier.


Quelle voiture est sortie en 1973 ?

En 1973, Matra et Simca lancent la Bagheera, une sportive originale à trois places de front. Renault dévoile la Renault 5 Alpine (version sportive de la R5 lancée un an plus tôt) et Peugeot commercialise la 104, sa première traction avant. C’est également l’année du premier choc pétrolier, qui bouleverse durablement les stratégies des constructeurs.


Combien coûte l’entretien annuel d’une voiture française des années 70 ?

L’entretien annuel varie selon le modèle. Pour une Renault 5 ou une Citroën CX courante, comptez entre 1 000 et 2 000 € par an (vidanges, freins, consommables). Pour une Citroën SM ou une Alpine A310, le budget grimpe entre 2 000 et 4 000 € en raison de la spécificité des pièces. Ce budget n’inclut pas les travaux de restauration lourde.


Peut-on rouler au quotidien avec une voiture des années 70 ?

C’est techniquement possible, mais je le déconseille pour un usage quotidien. Ces voitures ne disposent pas des équipements de sécurité modernes (ABS, airbags) et leur consommation est souvent élevée. De plus, les restrictions de circulation dans les ZFE (zones à faibles émissions) limitent leur accès aux centres-villes. En revanche, avec une carte grise collection, elles restent idéales pour les sorties de week-end et les rassemblements.


Philippe Moreau
Philippe Moreau

Philippe Moreau restaure des voitures anciennes depuis 25 ans dans son atelier près de Lyon. Spécialiste des véhicules français des années 1960 à 1980, il partage son expertise technique et sa passion pour le patrimoine automobile.