Dans cet article
- La Jaguar Type E se négocie entre 80 000 € et plus de 300 000 € selon la série et l’état général
- Les modèles Série 1 (1961-1968) concentrent 70 % de la demande sur le marché collection
- Le moteur XK 6 cylindres 3.8 puis 4.2 litres reste fiable et bien documenté, à condition de respecter un entretien rigoureux
- Les coûts annuels d’entretien courant se situent entre 2 500 € et 5 000 € hors restauration lourde
- La cote a progressé de +35 % en dix ans sur les exemplaires Série 1 en état concours
- Vérifier la correspondance des numéros (matching numbers) reste le critère d’achat le plus déterminant
Sommaire
- Une légende née au Mans et à Genève
- Les trois séries de la Type E : comment s’y retrouver
- Cotes actuelles sur le marché collection
- Les critères d’achat essentiels
- Entretien courant et restauration : budget réaliste
- La Type E comme investissement : rendement et perspectives
- Assurance et fiscalité d’une Jaguar de collection
- Pièces détachées et réseau de spécialistes
- Mes conseils avant de signer
Quand Enzo Ferrari a déclaré que la Jaguar Type E était « la plus belle voiture jamais construite », il savait de quoi il parlait. Depuis 25 ans que je restaure des voitures anciennes dans mon atelier près de Lyon, j’ai eu entre les mains des dizaines de Type E. Chaque fois, je retrouve la même émotion devant ces lignes dessinées par Malcolm Sayer, cet ingénieur aérodynamicien qui a appliqué les principes de la soufflerie à la carrosserie automobile. Si vous envisagez d’acquérir une Jaguar Type E sur le marché collection, ce guide vous donnera toutes les clés pour faire un achat éclairé.
Une légende née au Mans et à Genève
La Jaguar Type E, connue sous le nom de E-Type outre-Manche, a été présentée au Salon de Genève en mars 1961. Son apparition a provoqué un véritable séisme dans le monde automobile. Dérivée directement de la Type D victorieuse au Mans en 1955, 1956 et 1957, elle reprenait une architecture de compétition pour la rendre accessible à la route. Le châssis monocoque en acier, la suspension arrière indépendante (une première chez Jaguar) et le moteur XK double arbre à cames en tête de 3 781 cm³ développant 265 ch lui permettaient d’atteindre 240 km/h, un chiffre stupéfiant pour l’époque.
Le prix de lancement, environ 2 200 livres sterling en Grande-Bretagne, la rendait deux fois moins chère qu’une Ferrari 250 GT pour des performances comparables. Ce rapport qualité-prix exceptionnel a immédiatement séduit une clientèle internationale, des pilotes de course aux stars de cinéma. Aujourd’hui encore, cette combinaison de beauté, de performances et d’accessibilité relative explique pourquoi la Jaguar Type E reste une référence absolue du marché collection.

Les trois séries de la Type E : comment s’y retrouver
Dans mon atelier, je constate souvent que les acheteurs confondent les différentes évolutions de la Type E. Voici comment distinguer chaque série, car les écarts de cote sont considérables.
La Série 1 (1961-1968) est la plus recherchée. Elle se reconnaît à ses phares carénés sous des caches en verre, son petit pare-chocs chromé et sa calandre ouverte. Le moteur est passé de 3.8 à 4.2 litres en 1964, avec une boîte de vitesses entièrement synchronisée qui a nettement amélioré l’agrément de conduite. C’est la version que je recommande aux collectionneurs exigeants.
La Série 1.5 (1968), souvent méconnue, correspond à une courte période de transition. Elle conserve l’esthétique de la Série 1 mais intègre des modifications imposées par les normes américaines : phares découverts, interrupteur à clé pour le démarrage. Moins de 2 000 exemplaires ont été produits, ce qui en fait une version rare mais controversée chez les puristes.
La Série 2 (1968-1971) se distingue par des pare-chocs plus imposants, une calandre agrandie et des feux arrière modifiés. Les phares ne sont plus carénés. Si l’esthétique est légèrement moins pure, la mécanique gagne en fiabilité avec un système de refroidissement amélioré. C’est souvent mon conseil pour un usage régulier.
La Série 3 (1971-1975) marque un tournant majeur avec l’arrivée du mythique V12 de 5.3 litres. Uniquement disponible en roadster 2 places ou en coupé 2+2 à empattement long, elle offre une douceur de fonctionnement incomparable. La calandre à barres verticales et les élargissements d’ailes lui confèrent un caractère plus musclé. C’est la série la plus abordable à l’achat.
Cotes actuelles sur le marché collection
Après 25 ans passés à observer les transactions, je peux affirmer que la Jaguar Type E sur le marché collection a connu une progression remarquable, avec des paliers de prix très nets selon la série et la carrosserie. Voici un tableau synthétique des cotes moyennes constatées en 2026.
| Modèle | Carrosserie | État correct / roulant | Bon état / restauré | État concours |
|---|---|---|---|---|
| Série 1 – 3.8 (1961-1964) | Roadster | 120 000 – 160 000 € | 180 000 – 250 000 € | 280 000 – 400 000 € |
| Série 1 – 3.8 (1961-1964) | Coupé (FHC) | 100 000 – 140 000 € | 150 000 – 220 000 € | 250 000 – 350 000 € |
| Série 1 – 4.2 (1964-1968) | Roadster | 100 000 – 140 000 € | 160 000 – 230 000 € | 260 000 – 350 000 € |
| Série 1 – 4.2 (1964-1968) | Coupé (FHC) | 85 000 – 120 000 € | 130 000 – 190 000 € | 220 000 – 300 000 € |
| Série 2 (1968-1971) | Roadster | 75 000 – 100 000 € | 110 000 – 160 000 € | 180 000 – 240 000 € |
| Série 2 (1968-1971) | Coupé (FHC) | 60 000 – 85 000 € | 90 000 – 140 000 € | 150 000 – 200 000 € |
| Série 3 – V12 (1971-1975) | Roadster | 65 000 – 90 000 € | 100 000 – 150 000 € | 170 000 – 230 000 € |
| Série 3 – V12 (1971-1975) | Coupé 2+2 | 45 000 – 70 000 € | 80 000 – 120 000 € | 130 000 – 180 000 € |
Les écarts de prix s’expliquent par plusieurs facteurs. Le roadster se négocie systématiquement 20 à 30 % plus cher que le coupé pour une même série. La couleur d’origine joue également : les teintes classiques comme l’Opalescent Dark Blue, le Carmen Red ou le British Racing Green maintiennent une prime de 5 à 10 % par rapport aux couleurs non cataloguées. Enfin, la provenance américaine (conduite à gauche) reste la plus courante et la moins valorisée ; les modèles en conduite à droite pour le marché britannique atteignent des cotes légèrement supérieures.
Pour mieux comprendre la dynamique du marché collection et les rendements réels, je vous invite à consulter mon article sur l’investissement dans une voiture de collection.
Les critères d’achat essentiels
Après avoir examiné des centaines de Type E, voici les points que je vérifie systématiquement et que vous devez absolument contrôler avant d’engager votre argent.
La correspondance des numéros (matching numbers)
C’est le critère numéro un. Sur une Type E, le numéro de châssis, le numéro de moteur et le numéro de carrosserie doivent correspondre aux registres d’usine. Le Jaguar Heritage Trust délivre des certificats d’authenticité pour environ 60 livres sterling. Je considère ce document comme indispensable avant tout achat. Un exemplaire « matching numbers » vaut facilement 30 à 50 % de plus qu’un modèle recomposé.
L’état de la structure
La monocoque en acier de la Type E est son point faible principal. La corrosion attaque en priorité les planchers, les longerons, les passages de roue et la zone sous le pare-brise. Sur les coupés, les montants de toit sont particulièrement vulnérables. Une restauration structurelle complète peut dépasser 40 000 € en main-d’œuvre seule. J’utilise un appareil de mesure d’épaisseur de tôle pour détecter les réparations masquées par du mastic.
Le moteur XK et le V12
Le six cylindres XK est un moteur robuste et bien connu des mécaniciens spécialisés. Je vérifie la compression (elle doit être homogène entre les cylindres, autour de 10-11 bars), la pression d’huile à chaud (minimum 40 psi à 3 000 tr/min) et l’état de la culasse en aluminium qui peut présenter des fissures. Le V12 de la Série 3 est plus complexe : ses quatre arbres à cames exigent un réglage méticuleux, et le circuit de refroidissement doit être irréprochable pour éviter les surchauffes.

La boîte de vitesses et la transmission
La boîte Moss à quatre rapports des premiers 3.8 est connue pour sa synchronisation capricieuse sur le premier rapport. La boîte entièrement synchronisée introduite avec le 4.2 litres est nettement plus agréable. Sur toutes les versions, le pont arrière à suspension indépendante (une innovation majeure en 1961) doit être contrôlé pour les jeux de roulements et les fuites de différentiel.
L’historique documenté
Un dossier complet de factures d’entretien, de photos de restauration et d’anciens contrôles techniques renforce considérablement la valeur d’une Type E. Comme pour toute première voiture de collection, la traçabilité de l’historique est un gage de confiance.
Entretien courant et restauration : budget réaliste
Je ne vais pas vous mentir : une Jaguar Type E n’est pas une voiture que l’on entretient à l’économie. Mais avec de la rigueur et un bon spécialiste, les coûts restent prévisibles.
L’entretien courant annuel, pour un usage de 3 000 à 5 000 km par an, comprend la vidange moteur et boîte, le réglage des carburateurs SU (ou Weber sur certains modèles modifiés), le graissage des points de suspension (il y en a beaucoup sur une Type E) et la vérification du circuit de freinage. Comptez entre 2 500 € et 5 000 € par an selon votre prestataire.
La restauration complète d’une Type E, en partant d’un véhicule en état moyen, représente un budget de 80 000 € à 150 000 € réparti sur 18 à 36 mois. Dans mon atelier, je décompose généralement le chantier ainsi :
| Poste de restauration | Budget estimé | Durée moyenne |
|---|---|---|
| Carrosserie et structure (décapage, soudures, tôlerie) | 25 000 – 45 000 € | 6 – 10 mois |
| Peinture (préparation et laque complète) | 8 000 – 15 000 € | 1 – 2 mois |
| Moteur (réfection complète) | 10 000 – 20 000 € | 2 – 3 mois |
| Boîte et transmission | 3 000 – 7 000 € | 1 mois |
| Sellerie et intérieur (cuir Connolly ou équivalent) | 6 000 – 12 000 € | 1 – 2 mois |
| Freins, suspensions, direction | 4 000 – 8 000 € | 1 – 2 mois |
| Électricité et instrumentation | 2 000 – 5 000 € | 1 mois |
| Chromes et accastillage | 3 000 – 8 000 € | 2 – 3 mois |
Pour sourcer les pièces nécessaires, je recommande de lire mon guide sur les pièces détachées pour voiture de collection. La bonne nouvelle avec la Type E, c’est que la disponibilité des pièces est excellente grâce à des fournisseurs spécialisés comme SNG Barratt, Martin Robey ou David Manners, qui proposent quasiment tout, de la vis de fixation au châssis complet.
Le stockage de votre voiture de collection mérite aussi une attention particulière : la Type E, avec sa longue proue, nécessite un espace de garage d’au moins 5,50 mètres de longueur.
La Type E comme investissement : rendement et perspectives
En tant que professionnel du secteur, je constate que la Jaguar Type E figure parmi les valeurs les plus sûres du marché collection. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un roadster Série 1 3.8 litres qui se négociait autour de 100 000 € en 2015 se vend aujourd’hui entre 180 000 € et 250 000 € en bon état restauré. Cela représente une progression annuelle moyenne de 6 à 8 %, bien supérieure à la plupart des placements financiers classiques.
Plusieurs facteurs soutiennent cette tendance. La production totale (environ 72 500 exemplaires toutes versions confondues entre 1961 et 1975) est finie, et le nombre de voitures en bon état diminue mécaniquement chaque année. La notoriété mondiale du modèle, régulièrement élu « plus belle voiture de tous les temps » dans les sondages spécialisés, garantit une demande internationale soutenue. Les acheteurs viennent aussi bien de France que des États-Unis, du Japon ou du Moyen-Orient.
Je recommande toutefois la prudence : n’achetez jamais une Type E uniquement comme placement financier. Les frais d’entretien, de stockage et d’assurance grèvent le rendement net. Pour une analyse complète des coûts cachés, consultez mon article sur le rendement réel de l’investissement automobile. L’idéal reste d’acheter une voiture que vous prendrez plaisir à conduire ; la plus-value éventuelle sera alors un bonus bienvenu.
Pour les budgets plus modestes, d’autres modèles de collection offrent un excellent rapport plaisir-prix. Je pense notamment à la Fiat 500 ancienne ou à la Renault 4L de collection, deux alternatives attachantes qui permettent de débuter sans engager des sommes considérables. Mon guide des voitures de collection pas cher recense d’autres modèles accessibles.

Assurance et fiscalité d’une Jaguar de collection
L’assurance d’une Type E en contrat collection coûte entre 800 € et 2 000 € par an selon la valeur assurée et les garanties choisies. Je conseille systématiquement une assurance en valeur agréée, négociée sur la base d’une expertise récente. En cas de sinistre total, c’est le seul moyen d’obtenir une indemnisation correspondant à la valeur réelle du véhicule. Consultez mon guide complet de l’assurance collection pour comparer les offres du marché.
Sur le plan fiscal, les voitures de collection bénéficient d’un régime spécifique. En cas de revente avec plus-value, vous avez le choix entre la taxe forfaitaire de 6,5 % sur le prix de vente et le régime réel d’imposition des plus-values. Pour les véhicules de forte valeur, la question de l’IFI et des voitures de collection mérite une attention particulière. Mon article sur la fiscalité des voitures de collection détaille les deux options avec des exemples chiffrés.
Le contrôle technique d’une voiture de collection obéit à une périodicité de cinq ans pour les véhicules immatriculés en carte grise collection. La Type E, produite entre 1961 et 1975, est éligible à ce régime simplifié.
Pièces détachées et réseau de spécialistes
C’est l’un des grands avantages de la Type E par rapport à d’autres GT de collection : la disponibilité des pièces est remarquable. Le Jaguar Enthusiasts’ Club et le Jaguar Drivers’ Club, les deux principaux clubs internationaux, comptent des dizaines de milliers de membres et entretiennent un réseau dense de fournisseurs.
En France, plusieurs ateliers sont reconnus pour leur expertise sur la Type E. À Lyon, je travaille régulièrement avec des confrères spécialisés. En Île-de-France, en Normandie et dans le Sud-Ouest, vous trouverez aussi des professionnels compétents. Je recommande de privilégier un atelier qui travaille régulièrement sur des Jaguar classiques plutôt qu’un généraliste, même talentueux.
Les principaux fournisseurs de pièces pour la Type E sont basés au Royaume-Uni : SNG Barratt (le plus complet, avec un catalogue de plus de 30 000 références), Martin Robey (spécialisé dans les panneaux de carrosserie), et David Manners. En France, quelques distributeurs proposent des pièces courantes avec des délais de livraison raisonnables. Pour les pièces rares ou d’origine, les bourses d’échange et les réseaux de clubs restent des sources précieuses.
Mes conseils avant de signer
Fort de 25 années d’expérience dans la restauration, voici les recommandations que je donne systématiquement à mes clients qui envisagent l’achat d’une Type E :
Faites réaliser une inspection prévente par un spécialiste indépendant. Le coût de cette expertise (entre 500 € et 1 000 €) est dérisoire au regard des sommes en jeu. Un œil exercé repérera en quelques heures ce que vous ne verrez pas, même avec ce guide en main.
Méfiez-vous des « restaurations récentes » sans documentation. Une belle peinture peut masquer une carrosserie rongée de mastic. Demandez des photos du processus de restauration, les factures des pièces utilisées et le nom de l’atelier qui a réalisé les travaux.
Privilégiez un exemplaire bien entretenu à un exemplaire fraîchement restauré par un inconnu. Une Type E qui a roulé régulièrement avec un suivi d’entretien rigoureux sera souvent plus fiable qu’une voiture sortie d’une restauration dont vous ne connaissez pas la qualité.
Prévoyez votre budget global avant l’achat. Au prix d’acquisition, ajoutez l’assurance, le stockage, l’entretien annuel et une provision pour les imprévus. Pour une Type E en bon état, comptez un budget annuel de fonctionnement d’environ 4 000 € à 8 000 €.
Si vous envisagez de revendre un jour, préparez-vous dès l’achat. Mon guide pour vendre sa voiture de collection vous donnera toutes les clés pour maximiser votre prix de revente.
À retenir
- Exigez le certificat Heritage Trust pour vérifier la correspondance des numéros avant tout achat
- Faites réaliser une inspection prévente par un spécialiste indépendant (budget : 500 à 1 000 €)
- Prévoyez un budget annuel de 4 000 à 8 000 € pour l’entretien, l’assurance et le stockage
- Privilégiez la Série 1 en 4.2 litres pour le meilleur compromis plaisir de conduite et potentiel de valorisation
- Souscrivez une assurance en valeur agréée mise à jour tous les deux ans pour refléter l’évolution des cotes
Questions fréquentes
Quel budget minimum pour acheter une Jaguar Type E de collection ?
En 2026, les exemplaires les plus abordables sont les coupés 2+2 de Série 3 en état correct, accessibles à partir de 45 000 à 70 000 €. Un roadster Série 1, la version la plus recherchée, débute autour de 120 000 € pour un exemplaire roulant nécessitant des travaux. Je recommande de prévoir un budget minimum de 80 000 € pour entrer sur le marché de la Type E avec un modèle exploitable.
La Jaguar Type E est-elle fiable au quotidien ?
Le moteur XK six cylindres est réputé pour sa robustesse quand il est correctement entretenu. Les points sensibles concernent surtout le circuit de refroidissement (à surveiller rigoureusement par temps chaud), l’électricité Lucas (remplacez les composants fatigués par des équivalents modernes) et les carburateurs SU qui nécessitent un réglage périodique. Avec un entretien préventif sérieux, une Type E peut servir de voiture de week-end sans difficulté majeure.
Comment vérifier l’authenticité d’une Jaguar Type E ?
Demandez le certificat du Jaguar Heritage Trust qui confirme les spécifications d’usine : numéro de châssis, numéro de moteur, couleur d’origine, marché de destination. Croisez ces informations avec la plaque de châssis et les numéros frappés sur le bloc moteur, la culasse et la boîte de vitesses. Un spécialiste peut également identifier les indices d’authenticité sur la carrosserie, comme les soudures d’origine et les marquages internes.
Quelle série de Type E prend le plus de valeur ?
La Série 1, et particulièrement les roadsters 3.8 litres « flat floor » (plancher plat, les tout premiers exemplaires de 1961-1962), connaît la plus forte appréciation. Ces modèles sont considérés comme les plus purs esthétiquement et les plus proches de la voiture de course originale. Les exemplaires en état concours ont franchi la barre des 350 000 € ces dernières années, et la tendance reste haussière.
Peut-on rouler tous les jours avec une Jaguar Type E ?
Techniquement oui, mais je le déconseille. L’absence de direction assistée (sauf sur certaines Série 3), de freinage ABS et de climatisation rend l’usage urbain quotidien fatigant. De plus, l’exposition aux intempéries et au sel de déneigement accélérerait la corrosion. La Type E s’épanouit comme voiture de week-end et de sorties estivales, avec 3 000 à 5 000 km par an, un usage qui préserve à la fois la mécanique et la valeur du véhicule.
Où faire entretenir ou restaurer une Jaguar Type E en France ?
Plusieurs ateliers spécialisés sont répartis sur le territoire. Je recommande de contacter le Jaguar Enthusiasts’ Club section France ou le Club Jaguar France pour obtenir une liste de professionnels reconnus dans votre région. Privilégiez un atelier qui travaille régulièrement sur des Jaguar classiques et demandez à voir des exemples de restaurations achevées. Les forums spécialisés et les événements comme le Youngtimer Festival sont aussi de bons endroits pour recueillir des recommandations de passionnés.
Philippe Moreau restaure des voitures anciennes depuis 25 ans dans son atelier près de Lyon. Spécialiste des véhicules français des années 1960 à 1980, il partage son expertise technique et sa passion pour le patrimoine automobile.