En bref
- La Citroën 2CV, produite de 1948 à 1990, totalise 5,1 millions d’exemplaires et reste l’icône absolue de l’automobile populaire française
- Les prix vont de 6 000 euros pour une 2CV4 correcte à plus de 60 000 euros pour les rarissimes Type A de 1948
- La version Charleston, reconnaissable à sa bicolorie, est la plus recherchée des séries spéciales (12 000 à 22 000 euros)
- La disponibilité des pièces est exceptionnelle : on peut reconstruire une 2CV complète à partir de pièces neuves
- La communauté 2CV est l’une des plus actives au monde, avec des rassemblements réunissant jusqu’à 10 000 voitures
La 2CV. Deux lettres, un chiffre, et tout le monde sait de quoi on parle. En vingt-cinq ans de restauration à Lyon, aucune voiture n’a autant occupé mon atelier que la Citroën 2CV. Et aucune ne provoque autant de sourires. La 2CV n’est pas une simple voiture de collection : c’est un phénomène culturel, un symbole de liberté, une mécanique de génie sous une apparence de simplicité. Qu’on soit collectionneur chevronné ou parfait débutant, la 2CV possède cette capacité unique de créer un lien immédiat. Ce guide retrace l’histoire extraordinaire de cette voiture pas comme les autres, passe en revue toutes les versions, et vous donne les clés pour acheter, restaurer et vivre au quotidien avec une 2CV. Si vous envisagez de vous lancer dans la collection automobile, la 2CV mérite d’être considérée au même titre que les modèles plus prestigieux de notre panorama du marché 2026.
Des origines au mythe : l’histoire de la 2CV de 1936 à 1990
L’histoire de la 2CV commence en 1936, lorsque Pierre Boulanger, vice-président de Citroën, formule un cahier des charges resté légendaire : concevoir un véhicule capable de transporter quatre personnes et cinquante kilos de pommes de terre, à 60 km/h, pour une consommation de trois litres aux cent kilomètres, et suffisamment confortable pour traverser un champ labouré avec un panier d’oeufs sans en casser un seul. Ce brief, d’une simplicité apparente, impose des contraintes techniques redoutables.
L’équipe de André Lefebvre et Flaminio Bertoni (les mêmes ingénieurs qui concevront plus tard la Citroën DS) se met au travail. Les premiers prototypes, les TPV (Toute Petite Voiture), sont prêts en 1939. Dotés d’un seul phare, d’un moteur bicylindre refroidi par eau et d’une carrosserie en tôle ondulée, ils sont rustiques mais fonctionnels. La guerre interrompt le projet, et la plupart des prototypes sont détruits pour éviter qu’ils ne tombent aux mains de l’occupant. Quelques-uns survivent, cachés dans des granges.
Le développement reprend après la Libération. Le moteur est entièrement revu : il devient un bicylindre à plat refroidi par air de 375 cm3, développant 9 ch. La carrosserie abandonne la tôle ondulée pour des panneaux plans en acier. La présentation officielle a lieu au Salon de Paris le 7 octobre 1948. L’accueil est contrasté : les journalistes se montrent perplexes face à cette drôle de machine, tandis que le public se presse pour la commander. La liste d’attente atteindra rapidement plusieurs années.
La production démarre lentement à l’usine de Levallois-Perret, puis monte en puissance avec le transfert à l’usine de Forest (Belgique) et de Levallois. Au fil des années, la 2CV évolue progressivement : vitres latérales, troisième glace arrière, tableau de bord modifié, augmentation de cylindrée. Mais le principe fondamental reste immuable pendant quarante-deux ans de production. Le dernier exemplaire sort de l’usine portugaise de Mangualde le 27 juillet 1990, après 5 114 940 unités produites (en comptant les dérivés Dyane, Ami et Méhari).
Toutes les versions : du Type A à la Charleston
La gamme 2CV a évolué par petites touches successives au fil de ses quarante-deux ans de carrière. Connaître les différentes versions est essentiel pour orienter votre achat.
Le Type A (1948-1959) est la version originelle, celle qui fait rêver les puristes. Moteur de 375 cm3 développant 9 ch, démarrage au câble de décompresseur, un seul feu arrière, pas de serrure de coffre. Les premiers modèles (1948-1950) sont d’une rareté extrême : la quasi-totalité a été ferraillée ou usée jusqu’à la corde. Un Type A authentique en bel état peut dépasser les 40 000 euros ; les exemplaires de 1948 ou 1949 atteignent 60 000 euros et au-delà.
L’AZ et l’AZU (1954-1963) marquent la première vraie évolution. Le moteur passe à 425 cm3 et 12 ch, ce qui améliore sensiblement les performances. L’AZU est la version utilitaire (fourgonnette), très recherchée aujourd’hui pour sa carrosserie spécifique avec le hayon arrière. Les AZU en bon état se négocient entre 10 000 et 18 000 euros.
L’AZAM (1963-1967) apporte des améliorations de confort : troisième vitre latérale, aménagement intérieur revu, tableau de bord avec compteur de vitesse rond. Le moteur reste le 425 cm3 de 12 ch. C’est la version « de transition » avant la modernisation de 1970.
La 2CV4 (1970-1979) adopte un moteur de 435 cm3 développant 24 ch (norme DIN). C’est la version économique de la gamme, souvent choisie par les acheteurs soucieux de leur budget. Les 2CV4 sont les plus abordables en collection : 6 000 à 12 000 euros en bon état.
La 2CV6 (1970-1990) reçoit le moteur de 602 cm3 développant 29 ch. C’est la version la plus courante et la plus agréable à conduire au quotidien. Le supplément de puissance et de couple rend la voiture nettement plus à l’aise dans la circulation moderne. Les prix vont de 8 000 à 16 000 euros selon l’état et l’année.
La Charleston (1981-1990) est la série spéciale la plus emblématique. Sa livrée bicolore bordeaux et noir (puis gris et noir, jaune et noir) lui confère une élégance rétro qui fait toujours sensation. La Charleston n’a rien de spécial mécaniquement (c’est une 2CV6 standard), mais son look distinctif en fait la version la plus recherchée du marché. Comptez 12 000 à 22 000 euros.
Parmi les autres séries spéciales, citons la Dolly (bicolore blanc et rouge ou blanc et bleu), la 007 (jaune, en hommage au film « Rien que pour vos yeux »), la Cocorico (bleu-blanc-rouge, marché français uniquement) et la Beachcomber (marché export). Ces séries limitées se négocient une prime de 15 à 30 % par rapport à une 2CV6 standard de même année.
| Années | Modèle | Cylindrée | Puissance | Vitesse maximale | Particularités |
|---|---|---|---|---|---|
| 1948-1954 | Type A | 375 cm3 | 9 ch | 65 km/h | Version originale, 1 phare, démarrage au câble |
| 1954-1963 | AZ | 425 cm3 | 12 ch | 75 km/h | 2 phares, capot nervuré, coffre verrouillable |
| 1963-1967 | AZAM | 425 cm3 | 12 ch | 80 km/h | Troisième vitre, tableau de bord revu |
| 1970-1979 | 2CV4 | 435 cm3 | 24 ch (DIN) | 100 km/h | Nouveau tableau de bord, phares rectangulaires |
| 1970-1990 | 2CV6 | 602 cm3 | 29 ch (DIN) | 115 km/h | Version la plus courante et polyvalente |
| 1981-1990 | Charleston | 602 cm3 | 29 ch (DIN) | 115 km/h | Bicolore, la plus recherchée des séries spéciales |
| 1978-1987 | 2CV6 Spécial | 602 cm3 | 29 ch (DIN) | 115 km/h | Finition économique, pare-chocs simplifiés |
Prix et cotes du marché en 2026
Le marché de la 2CV a connu une évolution fascinante. Longtemps considérée comme une voiture de jeunes fauchés ou de bobos, la 2CV est devenue un véritable objet de collection dont les prix ont considérablement augmenté ces dix dernières années. Cette hausse est portée par la demande internationale (les collectionneurs japonais, américains et nord-européens sont très actifs) et par la diminution du parc roulant.
Voici les fourchettes de prix réalistes en 2026. Ces chiffres sont basés sur les transactions réelles observées dans les bourses d’échange, les petites annonces spécialisées et les ventes aux enchères.
| Version | Projet (à restaurer) | Bon état (roulant, sain) | Excellent (concours) |
|---|---|---|---|
| Type A (1948-1954) | 12 000 à 20 000 euros | 25 000 à 40 000 euros | 45 000 à 60 000 euros et plus |
| AZ / AZU (1954-1963) | 5 000 à 8 000 euros | 10 000 à 18 000 euros | 20 000 à 28 000 euros |
| AZAM (1963-1967) | 4 000 à 7 000 euros | 8 000 à 14 000 euros | 16 000 à 22 000 euros |
| 2CV4 (1970-1979) | 3 000 à 5 000 euros | 6 000 à 10 000 euros | 11 000 à 15 000 euros |
| 2CV6 (1970-1990) | 4 000 à 6 000 euros | 8 000 à 13 000 euros | 14 000 à 18 000 euros |
| Charleston (1981-1990) | 6 000 à 9 000 euros | 12 000 à 17 000 euros | 18 000 à 22 000 euros |
| Dolly / Séries spéciales | 5 000 à 8 000 euros | 10 000 à 15 000 euros | 16 000 à 20 000 euros |
| AZU Fourgonnette | 5 000 à 9 000 euros | 10 000 à 16 000 euros | 18 000 à 25 000 euros |
La tendance générale est à la hausse modérée mais régulière, de l’ordre de 3 à 5 % par an. Les modèles les plus rares (Type A, AZU en bon état) progressent plus rapidement. Les Charleston bénéficient d’une demande soutenue qui maintient leur cote à un niveau élevé. Pour les collectionneurs à la recherche de voitures de collection à moins de 10 000 euros, la 2CV4 et la 2CV6 en état correct restent parmi les meilleures options du marché.
Les points de vérification essentiels avant l’achat
L’achat d’une 2CV paraît simple, mais les pièges sont nombreux. Voici la liste des vérifications que je recommande systématiquement à mes clients.
Le plancher est le point numéro un, le critère qui détermine à lui seul l’ampleur des travaux nécessaires. Le plancher de la 2CV est constitué de tôles fines, posées sur un châssis-plateforme. L’eau s’infiltre par les joints de carrosserie, stagne sous les tapis et corrode le métal par en dessous. Sur un exemplaire négligé, le plancher peut être perforé voire inexistant par endroits. Soulevez les tapis, grattez, sondez avec un tournevis. Un plancher percé n’est pas rédhibitoire (les panneaux de remplacement sont disponibles en neuf), mais le coût de la remise en état (1 500 à 3 000 euros pour un plancher complet) doit être intégré dans la négociation.
Les supports de caisse (outriggers) sont les équerres métalliques qui fixent la caisse au châssis-plateforme. Ils sont exposés aux projections de boue et de sel et se corrodent rapidement. Des outriggers pourris compromettent la rigidité de l’ensemble et la sécurité du véhicule. Vérifiez-les en regardant sous la voiture, au niveau des jonctions entre le plancher et les longerons latéraux. Le remplacement coûte entre 200 et 500 euros par côté, pièces et main-d’oeuvre comprises.
La capote en toile est l’un des éléments les plus caractéristiques de la 2CV. Une capote en bon état est souple, étanche et se manoeuvre facilement. Une capote vieillie est raide, craquelée, fuit et laisse passer le bruit du vent. Le remplacement d’une capote coûte entre 250 et 600 euros (pièce seule), plus 200 à 400 euros de pose si vous ne le faites pas vous-même. C’est une intervention classique que tout propriétaire de 2CV effectue au moins une fois.
Le moteur bicylindre est mécaniquement simple mais demande une attention particulière sur certains points. Vérifiez l’état des tôles moteur (les déflecteurs en tôle qui canalisent l’air de refroidissement autour des cylindres) : si elles manquent ou sont endommagées, le moteur surchauffe. Contrôlez la compression (un écart supérieur à 2 bars entre les deux cylindres indique une usure asymétrique). Écoutez le moteur au ralenti : un claquement régulier peut signaler des paliers de vilebrequin usés, une réparation coûteuse (600 à 1 200 euros).
Les freins de la 2CV sont à tambours sur les quatre roues. Le système est efficace pour un véhicule de 600 kg roulant à 100 km/h, mais il demande un entretien régulier. Vérifiez l’état des garnitures, des cylindres de roue (fuites fréquentes) et le réglage de la commande à câble. Un freinage mou ou déséquilibré est un signal d’alarme. La réfection complète du circuit de freinage coûte entre 300 et 600 euros en pièces.
Une disponibilité de pièces exceptionnelle
C’est l’un des arguments les plus convaincants en faveur de la 2CV : la disponibilité des pièces détachées est tout simplement la meilleure de tout le marché de la collection automobile. On peut littéralement reconstruire une 2CV complète, châssis compris, à partir de pièces neuves de fabrication actuelle.
Plusieurs fabricants et distributeurs se partagent ce marché florissant. Burton (Pays-Bas) est le plus important fournisseur mondial, avec un catalogue de plus de 5 000 références couvrant l’intégralité de la 2CV, de la vis de fixation au châssis complet. 2CV Mehari Club Cassis (CMCC, France) propose une gamme complète de pièces neuves et reconditionnées, avec un service de qualité reconnu. L’Ami de la 2CV est une référence française pour les pièces d’occasion de qualité. Des plateformes en ligne comme Leboncoin et les groupes Facebook spécialisés complètent l’offre.
Les prix des pièces sont raisonnables. Un moteur complet reconditionné coûte entre 1 200 et 2 000 euros. Un châssis neuf revient à environ 1 500 euros. Un jeu de freins complet (garnitures, cylindres, flexibles) coûte entre 150 et 300 euros. Cette disponibilité et ces tarifs font de la 2CV l’une des voitures anciennes les moins coûteuses à entretenir et à restaurer, un point crucial pour les collectionneurs qui veulent maîtriser leur budget de restauration.
La 2CV est également la voiture ancienne la plus accessible pour la mécanique amateur. La simplicité de sa conception permet à un bricoleur motivé, armé d’un bon manuel technique et de quelques outils de base, de réaliser la quasi-totalité des opérations d’entretien et de réparation. C’est un aspect fondamental de la culture 2CV : la majorité des propriétaires entretiennent eux-mêmes leur voiture, souvent dans le cadre de journées techniques organisées par les clubs.
La communauté 2CV : un réseau mondial incomparable
La communauté des propriétaires de 2CV est l’une des plus actives, organisées et conviviales du monde automobile. Rejoindre cette communauté est l’un des plaisirs majeurs de la possession d’une 2CV, et c’est un facteur que tout acheteur potentiel devrait prendre en compte.
En France, l’Amicale Citroën et de nombreux clubs régionaux organisent des sorties, des bourses d’échange, des journées techniques et des rassemblements tout au long de l’année. La FFVE recense plusieurs dizaines de clubs 2CV sur le territoire national.
L’événement phare est la Réunion mondiale des amis de la 2CV (World Meeting), qui a lieu tous les quatre ans dans un pays différent. Ce rassemblement gigantesque réunit jusqu’à 10 000 voitures et 30 000 participants venus du monde entier. L’ambiance est unique : un mélange de passion mécanique, de camping, de convivialité et de bonne humeur qui résume parfaitement l’esprit 2CV.
Les raids constituent une autre dimension de la culture 2CV. Le Raid 2CV Maroc, le Raid 2CV Islande, le Raid 2CV Portugal : ces aventures organisées emmènent des dizaines de 2CV sur des parcours improbables, prouvant une fois de plus la capacité de ces petites voitures à se jouer des distances et des terrains. L’entraide entre participants est la règle : en raid, si une 2CV tombe en panne, cinq propriétaires sortent immédiatement leur trousse à outils.
Cette communauté est aussi un formidable réseau d’entraide technique. Les forums en ligne (Forum2CV, le groupe Facebook « 2CV et dérivés »), les chaînes YouTube spécialisées et les ateliers associatifs offrent une mine d’informations et de conseils pour tous les niveaux, du débutant complet au restaurateur expérimenté.
Conduire une 2CV au quotidien : l’expérience unique
Conduire une 2CV en 2026, c’est accepter un rapport au temps et à la route radicalement différent de ce que propose l’automobile moderne. C’est aussi découvrir un plaisir de conduite singulier que peu de voitures, même parmi les sportives, peuvent offrir.
La vitesse maximale d’une 2CV6 est d’environ 115 km/h en conditions optimales (route plate, vent favorable, conducteur seul). En pratique, la vitesse de croisière confortable se situe autour de 80 à 90 km/h. Sur autoroute, la 2CV est techniquement légale (elle dépasse les 80 km/h minimum requis), mais l’expérience est bruyante et fatigante. Les nationales et les départementales sont le terrain de jeu naturel de la 2CV, où son rythme posé et sa suspension extraordinaire prennent tout leur sens.
La suspension est le génie secret de la 2CV. Le système à batteurs inertiels interconnectés confère à la voiture un confort de roulement que bien des berlines modernes lui envient. Sur les routes abîmées, la 2CV flotte littéralement au-dessus des nids-de-poule. Le roulis en virage est prononcé (la voiture penche de manière spectaculaire), ce qui inquiète les néophytes mais ne pose aucun problème de stabilité. La 2CV ne se retourne pas : elle se contente de pencher, puis de se rétablir avec une élégance nonchalante.
La consommation est un argument de poids : comptez 5 à 6 litres aux 100 km en conduite tranquille, soit un coût au kilomètre dérisoire. Combinée à une mécanique simple et des pièces bon marché, la 2CV est probablement la voiture de collection la plus économique à utiliser régulièrement.
Un point important pour les collectionneurs urbains : grâce à la carte grise collection, la 2CV bénéficie des dérogations ZFE et peut circuler dans toutes les agglomérations françaises sans restriction. C’est un avantage non négligeable face aux véhicules anciens qui ne bénéficient pas de cette exemption.
Restauration : conseils pratiques et coûts
La restauration d’une 2CV est un projet accessible, tant en termes de compétences requises que de budget. C’est d’ailleurs souvent la première restauration automobile que réalisent les amateurs, grâce à la simplicité de la voiture et à l’abondance de documentation technique.
Pour une restauration mécanique complète (moteur reconditionné, freins, suspension, direction, échappement), comptez 3 000 à 6 000 euros en pièces si vous faites le travail vous-même, ou 5 000 à 10 000 euros en confiant les travaux à un professionnel. Le moteur bicylindre se démonte en quelques heures et se reconditionne dans un atelier modeste. C’est un apprentissage mécanique formidable.
Pour une restauration carrosserie (traitement anticorrosion, remplacement des panneaux pourris, peinture), les coûts varient fortement selon l’état initial. Un véhicule légèrement rouillé nécessitera 2 000 à 4 000 euros de travaux. Un véhicule sévèrement corrodé (plancher percé, outriggers pourris) peut atteindre 5 000 à 10 000 euros. La peinture seule, dans une teinte d’origine, revient à 1 500 à 3 000 euros chez un carrossier.
Pour une restauration intérieure (sellerie, capote, tapis, tableau de bord), prévoyez 1 000 à 3 000 euros. Les sièges de 2CV se retapissent facilement (les housses neuves coûtent 200 à 400 euros le jeu), et la capote se remplace en quelques heures.
Au total, la restauration complète d’une 2CV de l’état « épave roulante » à l’état « concours » revient à 10 000 à 20 000 euros, un budget très raisonnable comparé à n’importe quel autre projet de restauration automobile. Mon conseil : ne négligez jamais le traitement anticorrosion. Appliquez un produit de protection sur le dessous de caisse, dans les longerons et sur toutes les surfaces cachées. C’est l’investissement le plus rentable que vous puissiez faire sur une 2CV.
Mes histoires de 2CV en vingt-cinq ans d’atelier
En un quart de siècle à Lyon, j’ai perdu le compte du nombre de 2CV passées entre mes mains. Mais certaines m’ont marqué plus que d’autres.
Il y a cette Charleston de 1982, arrivée un matin sur un plateau, dans un état désespérant. Plancher inexistant, moteur bloqué, capote en lambeaux. Le propriétaire, un jeune médecin passionné, voulait « la voiture de son grand-père ». Dix-huit mois et 14 000 euros plus tard, la Charleston était méconnaissable : peinture bordeaux et noire parfaite, moteur chantant, capote tendue. Le jour de la livraison, le médecin a passé une heure assis dans la voiture, immobile, souriant. C’est à ces moments que mon métier prend tout son sens.
Il y a aussi cette 2CV6 Spécial de 1986, parfaitement d’origine avec 42 000 km au compteur, trouvée dans une grange du Beaujolais. Le moteur a démarré au troisième essai après un simple changement d’huile et des bougies. Deux jours de remise en route (freins, pneus, vidanges) et la voiture roulait comme si elle sortait d’usine. Certaines 2CV sont immortelles.
Et puis il y a les raids. J’ai participé à trois raids 2CV au Maroc avec ma propre 2CV6, une bleue de 1978 que je possède depuis 1999. Traverser le Haut Atlas à 40 km/h, les poumons remplis de poussière, le moteur qui chante dans les montées, l’entraide permanente entre les équipages : c’est une expérience qui change votre rapport à l’automobile. La 2CV n’est pas une voiture rapide, mais c’est une voiture qui vous emmène plus loin que vous ne l’imaginez. Retrouvez les sites L’Argus et Rétromobile pour suivre l’actualité de la 2CV en collection, et le site Service Public pour les formalités d’immatriculation. Si vous hésitez encore, consultez notre guide pour acheter sa première voiture de collection.
Oui, la 2CV est remarquablement fiable pour un véhicule de cet âge. Le moteur bicylindre à refroidissement par air est d'une simplicité mécanique qui limite les pannes potentielles. Avec un entretien régulier (vidange tous les 5 000 km, contrôle des soupapes tous les 10 000 km, graissage des points de pivot), la 2CV roule sans problème pendant des années. Les pannes les plus fréquentes (allumage, carburateur) se réparent au bord de la route avec un outillage basique. C'est l'une des rares voitures anciennes que l'on peut utiliser comme véhicule régulier sans crainte.La Citroën 2CV est-elle fiable pour un usage régulier ?
Le coût d'entretien annuel d'une 2CV est le plus bas du marché de la collection. Pour un usage de 3 000 à 5 000 km par an, comptez 200 à 400 euros : deux vidanges (huile moteur et filtre, environ 40 euros chacune), un jeu de bougies (15 euros), un filtre à air (10 euros), et les petits consommables. Si vous effectuez les travaux vous-même (ce qui est tout à fait possible avec la documentation disponible), le budget descend sous les 150 euros annuels. Ajoutez 100 à 200 euros pour l'assurance collection, et vous obtenez le coût de possession le plus doux de toute la collection automobile.Combien coûte l'entretien annuel d'une 2CV ?
Pour un premier achat, je recommande la 2CV6 (602 cm3) produite entre 1978 et 1990. Cette version offre le meilleur compromis : moteur suffisamment puissant pour la circulation moderne, pièces ultra-disponibles, nombreux exemplaires sur le marché (ce qui facilite la comparaison et la négociation), et compatibilité avec les accessoires et améliorations aftermarket. La Charleston est séduisante mais coûte 30 à 50 % de plus qu'une 2CV6 standard pour des performances identiques. Si votre budget est limité, la 2CV4 à 435 cm3 est une entrée encore plus abordable, mais son manque de puissance la rend moins agréable sur route.Quelle version de 2CV choisir pour commencer ?
Oui. Avec une carte grise portant la mention "véhicule de collection", la 2CV bénéficie d'une dérogation permanente aux restrictions de circulation dans les Zones à Faibles Émissions (ZFE). Cette dérogation est prévue par l'article R318-2 du Code de la route et s'applique dans toutes les ZFE françaises (Paris, Lyon, Marseille, etc.). La demande de carte grise collection se fait via la FFVE qui délivre une attestation, puis auprès de l'ANTS pour l'établissement du certificat d'immatriculation. Notre guide complet sur les ZFE et voitures de collection détaille toutes les démarches.La 2CV peut-elle circuler en ZFE avec la carte grise collection ?
Absolument. Des milliers de propriétaires de 2CV parcourent chaque année des trajets de plusieurs milliers de kilomètres sans problème. La clé réside dans la préparation : vérification mécanique complète avant le départ, emport d'un kit de pièces de secours (bougies, condensateur, vis platinées, courroie de ventilateur, ampoules), et adaptation du rythme (étapes de 250 à 350 km par jour sur nationales). La consommation modeste (5 à 6 litres aux 100 km) et la capacité du réservoir (26 litres, soit 400 à 500 km d'autonomie) facilitent la logistique. Les raids organisés (Maroc, Islande, Norvège) prouvent que la 2CV est une voyageuse infatigable.Est-il possible de faire un long voyage en 2CV ?
La 2CV est un investissement stable à progression modérée. Les prix augmentent régulièrement de 3 à 5 % par an depuis dix ans, portés par la demande internationale et la diminution du parc. Les modèles rares (Type A, AZU, premières Charleston) progressent plus rapidement, de 5 à 8 % par an. Cependant, la 2CV n'est pas un placement spéculatif comparable à une Porsche 911 ou une Ferrari : c'est avant tout une voiture de passion dont le plaisir d'usage justifie l'investissement. L'avantage est que la faible dépréciation et les coûts d'entretien minimes rendent la possession d'une 2CV quasiment gratuite sur le long terme.Quelle est la valeur d'investissement d'une Citroën 2CV ?